La Darse de Villefranche

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La Darse est le nom donnée au port militaire de Villefranche-sur-Mer édifié du XVIe au XVIIIe siècle. Cet aménagement s’ajoute au port de commerce situé plus au nord (actuel port de la Santé) et complète l’usage maritime de la rade.

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Présentation

La baie où Villefranche sera fondée en 1295 par Charles II d’Anjou à l’Est de Nice était connue depuis l’Antiquité comme zone d’amarrage sur la route maritime entre Provence et Ligurie. Après l’annexion en  1388 du pays de Nice, les États de Savoie disposent d’un débouché sur la Méditerranée et la baie de Villefranche se trouve au centre de ce littoral étroit limité à l’Est par le Var et à l’Ouest par Monaco. Les guerres entre le Royaume de France et l’Empire de Charles Quint au XVIe siècle vont amener le Duc de Savoie à fortifier Villefranche en édifiant le fort Saint-Elme aujourd’hui appelé Citadelle et à créer une flotte armée. Les premiers travaux d’aménagement de la darse datent de la même période, avec la construction d’un môle.

Le lazaret

Le projet architectural du lazaret est retenu en 1669. L’édifice alors construit est constitué de deux bâtiments rectangulaires alignés, qui sont formés de quatre galeries parallèles séparées par des arcades. De chaque côté, à l’extérieur est placé une tour. L’ensemble est enfermé dans une enceinte percée de trois portes. Deux cimetières ont été aménagés auprès de lui. L’un est destiné à l’inhumation des chrétiens ; l’autre, qui a contenu une mosquée, est réservée aux musulmans.
Le lazaret a été détruit après la 2ème guerre mondiale lors de la construction d’un immeuble d’habitation. Seule l’une des deux tours extérieures est conservée.

Les entrepôts sous voutes

Deux galeries contiguës sont construites à partir de 1719. Elles sont ouvertes vers la mer à travers une série d’arcades et, à l’opposé, elles donnent accès à d’autres galeries, souterraines, disposées perpendiculairement. Cet ensemble, dont la construction s’échelonne sur plusieurs décennies, doit servir de dock pour le commerce, mais est aussi destiné à stocker le matériel servant à l’entretien des galères. Peu avant 1778, une caserne est dressée au-dessus de lui.  Elle est détruite en 1942, puis, entre 1957 et 1960, la terrasse qui a remplacé la caserne est aménagé en jardin par l’architecte Eugène Beaudouin.

L’arsenal des galères

L’arsenal des galères qui a été aménagé à l’occasion de la réfection complète de la Darse (après la construction des entrepôts) de 1720 à 1730. Il comprend un long bassin dit « forme de galère » couvert en charpente, près duquel est disposé un magasin. L’espace qu’ils occupent est fermé du côté de la Darse par un portail monumental et, à l’opposé, par un autre bâtiment dont la façade s’appuie sur une série d’arcades. Ce dernier abrite notamment la forge.
La couverture en charpente et la porte monumental ont aujourd’hui disparu.

L’hôpital du bagne

Un projet d’hôpital destiné aux galériens est conçu 1767 et sa construction est terminée en 1769. Il s’agit d’un bâtiment régulier, de plan rectangulaire, disposé en longueur parallèlement au rivage. Il comporte initialement deux niveaux, chacun étant divisé en trois galeries.

L’arsenal des frégates

L’arsenal des frégates était constitué d’un bassin ou « forme », encadrée de deux courtes jetées, et d’un magasin ; le tout était enfermé dans la même enceinte que le Lazaret. La construction de l’arsenal a débuté entre 1769 et 1778, probablement vers 1776. En 1793, sous l’occupation des troupes révolutionnaires, l’édifice est encore considéré comme « un chantier pour la construction des frégates » mais dès 1818 cet ensemble de bâtiments a perdu sa destination initiale et le bassin a été muré. Il n’en subsiste plus que des vestiges.