La grotte du Vallonnet,
Roquebrune-Cap-Martin

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Il y a un million d’années, l’Homme est présent sur les rivages de la Méditerranée. On en trouve les traces dans la Grotte du Vallonnet située à Roquebrune Cap-Martin. On peut imaginer qu'un petit groupe d'hommes devait occasionnellement chasser des cerfs, converger vers la grotte et y rapporter les restes des gros herbivores, pour les stocker et pouvoir les désarticuler à l'abri d'autres prédateurs.

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Le Vallonnet : plus ancien site bien daté d’Europe méridionale

La grotte du Vallonnet, située sur la commune de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes, s'ouvre vers le Nord, à 112 mètres d'altitude. Cette cavité débute par un couloir d'entrée de 5 mètres de long qui débouche sur une petite salle de 4 mètres de largeur.

Cinq ensembles stratigraphiques ont été mis en évidence dans le remplissage. Seul l'ensemble III, qui peut atteindre localement plus d'un mètre d'épaisseur, a livré des restes fossiles et des outils lithiques. Il recouvre le sol rocheux de la caverne, d'où émergent de grands blocs, ainsi que le plancher stalagmitique du premier remplissage continental et les dépôts marins.

Des dépôts de 1 million d'années

Le plancher stalagmitique inférieur a été daté d'environ 1.4 millions d'années et le plancher stalagmitique supérieur a donné un âge de 910 000 ans. L'ensemble stratigraphique III, daté d'environ 1 million d'années, s'est constitué pendant le stade isotopique 24.

L'ensemble III qui a livré les ossements de grands mammifères et les outils, s'est déposé durant une période froide et sèche au cours de laquelle quelques espèces végétales ont dû disparaître. A cette époque, les environs de la grotte sont découverts et quelques arbres, surtout des pins, subsistent dans les fonds de vallées.

Vers la fin de cette période, quelques espèces végétales méditerranéennes se réinstallent, annonçant le réchauffement progressif du climat : les bouleaux, les chênes et les oliviers réapparaissent sur les reliefs environnants.

Un environnement froid et sec
La grande diversité d'espèces de mammifères découverts montre que les environnements de la région ainsi que les alternances des saisons d'été et d'hiver étaient propices à la fréquentation des abords de la grotte par des espèces aussi variées que celles vivant en forêt, comme les cerfs, celles vivant sur des espaces découverts comme le cheval, le bison ou le rhinocéros, ou encore celles vivant sur des reliefs escarpés comme le thar ou le mouflon.
Des haltes de chasse

Dans cette grotte relativement sombre et de petites dimensions, les hommes ont laissé des traces de leur passage : outils taillés et os fracturés. Ces indices reflètent une activité réduite, à l'image d'une halte de chasse ou un abri occasionnel. L'essentiel de leurs activités devait se passer dans les environs immédiats de la grotte, à la lumière du jour. Il a été mis en évidence que les cerfs de petite taille sont largement dominants en nombre d'individus par rapport aux autres espèces d'herbivores. De plus, la courbe de mortalité de ces cerfs évoque une chasse, car la majorité des individus sont des jeunes adultes.

On peut imaginer qu'un petit groupe d'hommes devait occasionnellement chasser ces cerfs et converger vers la grotte et y rapporter les restes des gros herbivores, pour les stocker et pouvoir les désarticuler à l'abri d'autres prédateurs. Cela était possible quand la grotte n'était pas occupée par d'autres carnivores (ours, loups, hyènes) qui ont laissé les restes de leurs repas.

Il n'est pas encore possible d'évoquer un aménagement particulier de l'espace dans la grotte. La configuration de la grotte, petite, avec de gros blocs, n'incitait peut-être pas ces premiers Européens à s'y installer pour une durée prolongée.

L'industrie lithique

Les dépôts de la grotte de Vallonnet ont livré une industrie peu élaborée. Elle comprend à ce jour 78 pièces taillées sur des galets originaires du poudingue miocène de Roquebrune. Les pièces en silex pourraient provenir des galets qui affleurent à 700 mètres de la grotte. C'est le calcaire qui a été le plus souvent utilisé pour la fabrication des outils ; plus rarement le grès, exceptionnellement le quartzite ou le silex.

Cette industrie comprend essentiellement des galets taillés (choppers, chopping-tools ), des éclats de percuteurs et quelques rares pièces à retouches continues. Un fémur de bison qui présente une série d'enlèvements a servi vraisemblablement d'outil de percussion. Cinq bois de cervidés, ont été intentionnellement apportés dans la grotte pour être utilisés comme outils.

Informations

La grotte du Vallonnet n’est ouverte ni aux scolaires, ni au grand public.

Toutes les informations auprès du musée de préhistoire régionale de Menton