La Technopole Sophia Antipolis

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Sophia Antipolis a réussi aujourd’hui à constituer une communauté multiculturelle et multidisciplinaire comptant 60 nationalités différentes, pleine de talents et de gens qui se consacrent à l’innovation. Une sorte de « Silicon Valley européenne », devenue une vraie référence dans le domaine des TIC, les technologies de l’information et de la communication, mais aussi dans d’autres secteurs comme les Sciences de la vie (médecine et biochimie), l'énergie et la gestion de l’eau, le développement durable…

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Le sénateur Pierre Laffitte à l'origine de la technopole
Sophia Antipolis est le rêve réalisé de son fondateur, le sénateur Pierre Laffitte, qui à la fin des années 60 a imaginé d’amener dans sa Région, dans le sud de la France près de la mer et au milieu de la nature, entre Nice et Cannes, la « créativité du Quartier Latin » de Paris. Le concept, comme le nom (une marque déposée) a une explication étymologique, il vient du grec ancien: Sophia pour connaissance ou sagesse et Antipolis pour « la ville d’en face » (ancien nom d’Antibes qui était en face de Nikaia, le nom grec de Nice). Le succès de cette technopole est aussi le résultat d’une politique clairvoyante basée sur la « fertilisation croisée » : faire cohabiter  l’éducation, la recherche et l’industrialisation et en même temps croiser différentes cultures d’où le sous titre « La cité Internationale de la sagesse des sciences et des techniques ». Ce dialogue facilité entre talents divers, académiques et industriels (Université, écoles, laboratoires et les entreprises) créé les conditions pour favoriser la naissance de jeunes pousses (les start-up, nouvelles entreprises innovantes).
Le début

En 1968, Pierre Laffitte, ingénieur et directeur de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris demanda au ministre de l’Industrie d’installer une zone d’activité au Nord d’Antibes. Le Ministre a obtenu de la Préfecture des Alpes-Maritimes la réservation d’un terrain de 10 hectares pour installer des centres de recherche de l’Ecole des Mines. L’association Sophia Antipolis est née en 1969, suite à une réunion à  Nice organisée par Pierre Laffitte avec l’appui de Paul Augier (président du Conseil Économique et Social Régional), de Francis Palmero (alors président du Conseil général) et d’amis chercheurs et universitaires. L’année suivante un Groupement d’Intérêt Economique (GIE), SAVALOR (Sophia Antipolis VALORisation), est créé, sans but lucratif, en vu d’acquérir des terrains, de les viabiliser et d’y attirer des instituts d’enseignements et de recherches publics et privés. Depuis 1984, la Fondation Sophia Antipolis a pris le relais de SAVALOR qui lui a cédé ses droits et obligations en particulier les marques déposées Sophia et Sophia Antipolis. Ces dernières mondialement notoires, le sont devenues grâce notamment à de multiples conférences et voyages dans le monde et ont reçu le support de tous les actifs du parc.

En 1970, à la suite d’un contact avec François DALLE Président de l’Oréal, le premier terrain est acheté dans le but de construire un centre de recherche dermatologique. Le CIRD (Centre International de Recherche Dermatologique) est toujours présent sous le nom de Galderma filiale commune de l’Oréal et de Nestlé.

En 1971, le premier bâtiment du site de Sophia Antipolis fut édifié. La première entreprise est arrivée trois ans après et à la moitié des années 70, avec l’appui d’Hubert Curien, des laboratoires de recherche du CNRS, sont venus s’implanter sur le site (1976). A la même époque dans les Alpes-Maritimes, une attention particulière a été portée  à l’international. Texas Instrument et IBM avaient auparavant montré la voie car elles furent parmi les premières grandes firmes étrangères à s’installer sur la Côte d’Azur un peu avant la création du parc de Sophia Antipolis.  Et même si IBM et Texas n’étaient pas dans le territoire du parc, leur présence a facilité la prospection d’entreprises par SAVALOR. 


La Direction Générale des Télécommunications a acquis un des premiers terrains à Sophia Antipolis et plus tard, en 1989, y a implanté, avec la contribution de France Télécom, le CNET (Centre national d’Etudes des Télécommunications).  Entretemps, de grands centres de recherche publique ont rejoint le Cnrs au sein du parc scientifique. C’est le cas de l’Inria (Institut national de recherche en informatique) installé en 1983. Ces centres ont participé aux plus importants projets de recherche européens et ont formé des centaines de chercheurs, dont une partie a tenté aussi l’aventure des start-up. Parallèlement de grandes écoles se sont installées comme l’école des Mines (en 1976), le Ceram (en 1978) nommé actuellement SKEMA pour le business et le management et EURECOM (1991) qui forme les ingénieurs et des docteurs en télécommunication. EURECOM est un GIE comportant dans son conseil d’administration de grands industriels internationaux. Après avoir acheté un premier terrain à Sophia, l’Université de Nice, après 1989, s’est développée sur le parc avec des programmes multidisciplinaires dans le domaine des sciences,  un IUT en Technologie des Masters très importants, dédiés aux Multimédia et aux systèmes communicants et une école polytechnique.

Des bâtiments édifiés dans le respect de l'environnement
Tous les bâtiments ont été édifiés dans le respect de l’environnement, en laissant 2/3 des zones vertes préservées pour 1 tiers de terrain bâti et les bâtiments ne doivent pas excéder la cime des arbres. Les meilleurs architectes ont été appelés en plusieurs cas, pour offrir aux entreprises et aux centres de formation dans le parc des édifices autant originaux qu’innovants. 
Le développement international

Les années 80 ont été marquées par l’implantation massive de grandes sociétés américaines, françaises et européennes. A l’époque la technopole regroupait déjà 4.500 emplois. Aujourd’hui le plus important employeur est la société Amadeus, numéro 1 mondial de la réservation électronique dans le domaine du tourisme, notamment les vols internationaux, (un système commun de distribution global initié par Air-France, Iberia, Lufthansa et Sas). Fondée en 1987, Amadeus emploie aujourd'hui presque 3.000 salariés et plus d’un milliers de personnes en sous-traitance sur le parc.   Et dès la moitié des années 90, avec le grand essor d’Internet, une nouvelle ère est lancée dans la technopole. Des grandes entreprises du Net comme Cisco Systems sont arrivées. Et le W3C, le consortium fondé par Tim Berners-lee (l’inventeur du Web) a ouvert à Sophia Antipolis son siège européen. Son rôle est d’accompagner et d'harmoniser l’évolution du Web, avec la promotion des standards pour les logiciels les plus utilisés. Le nouveau millénaire a vu aussi l’affirmation du Pôle Télécom sur la Côte d’Azur, qui totalise aujourd’hui plus de 42 millions d’euros d’investissements dans les programmes de recherche.  Toutes les technologies Wireless (sans fils) ont eu un grand essor dans la technopole. Il faut dire aussi que le Gsm, la première norme de la téléphonie cellulaire européenne, a été établie au cœur de Sophia Antipolis, à l’Etsi, (European Telecommunications Standards Institute) qui est le centre international de mise en place des standards dans les télécommunications.

Tout ce processus a été favorisé par la présence dans le parc de toute la filière de l’industrie du mobile (design et fabrication de puces électroniques compris) et par l’installation de grandes firmes comme la finlandaise Nokia, l’américaine Motorola, l’allemande Siemens. L'entreprise japonaise Hitachi a expérimenté, à Sophia Antipolis, les premiers réseaux Wifi pour les voitures communicantes. Une multitude de petites et grandes entreprises travaillent aussi sur le Nfc (near field communication), une  technologie de transmission sans fil sécurisée avec de multiples applications à travers le mobile : payement sans contact,  suivi des colis, ou encore diffusion locale des informations multimédia (dans les musées, les lieux publiques, les gares etc.) Nice est devenue ainsi la première ville en France à avoir introduit avec Cityzi le payement par le téléphone cellulaire des transports et des petits achats.

Les technologies de demain

Et le futur est en train de se préparer grâce aux nouveaux services par satellite de « géo-localisation » : un domaine qui compte de nombreux pionniers à Sophia. Des applications innovantes basées sur les technologies sans fils, soit pour les entreprises, soit pour le grand public (dans les secteurs du tourisme, de l’éducation, de la santé, ou du commerce) ont été mises au point par les entreprises membres du Pôle « Solutions communicantes sécurisées ». L’université de Nice Sophia Antipolis a crée une vitrine d’essais à Sophia à l’intérieur de The Institute for Innovation of Future’s Service. Un exemple d’application du futur, réalisé par l’équipe du professeur Serge Miranda, est la visite guidée par un robot du musée d’Art moderne de Nice (Mamac). Ce travail fut présenté à distance, au congrès de la téléphonie mobile à Barcelone, où le public pouvait suivre sur grand écran la visite du Mamac commentée par le robot, qui était piloté avec un téléphone mobile par Serge Miranda.

Depuis 2005, date de lancement par l’Agence de l’innovation  des « Pôles de compétitivité » en France, la Fondation Sophia Antipolis organise tous les ans le rendez-vous des Clusters (nom anglais pour designer les pôles de compétitivité) dans la technopole. Le Président de la Fondation, Pierre Laffitte a consacré une grande partie de sa politique d’animation aux pôles de compétitivité régionaux et nationaux, en facilitant les contacts entre les pôles, en rapprochant les responsables et les administrations, françaises et européennes et en aidant les pôles à développer leurs actions à l’international.Cette action a permis de fédérer les ressources dans des domaines très importants pour le futur.  Dans le domaine de l’environnement durable, différents Pôles sont impliqués sur des thématiques liées aux énergies renouvelables, à l’observation de la Terre ou à la prévention des risques naturels). En 2009, un EcoDesign Center a été inauguré dans la technopole dont l’objectif et d’aider les entreprises à faire de l’éco-conception. Et pour les projets d’architecture ou d’urbanisme, ou pour l’industrial design,  le premier grand espace immersif de réalité virtuelle "Gouraud-Phong" (du nom de Henri Gouraud et Bui Tuong Phong, informaticiens et spécialistes du rendu 3D) a été ouvert à Sophia.  Cette salle vraiment unique en région Paca, mise à disposition par l’Inria, permettra aux chercheurs et partenaires académiques de tester leurs logiciels et de visualiser leurs données en 3D en immersion totale.

Quant à Pierre Laffitte, le fondateur, il ne manque pas d'idées afin que Sophia reste pionnière. Il a poussé les entreprises et les organismes de recherche à mettre en œuvre le concept d' «Open Labs" ou encore de "Living Labs" comme cela se pratique en Scandinavie. Avec, à la clé, la volonté d'associer plus étroitement la population locale aux travaux de R&D et aux nouveautés qui sont mises au point. De quoi mieux relier la technologie aux usages dans un monde de l'innovation qui s'est singulièrement accéléré depuis la naissance de Sophia, il y a plus de quarante ans…

Pépinières d’entreprises et histoires de start-up dans la technopole

A partir de 1990 le Cica (Centre International de Communication Avancée),  un long bâtiment  blanc avec vue imprenable sur le parc de Sophia Antipolis, a été dédié à l’hébergement de jeunes entreprises et de centres de formation dans le domaine de la communication. C’est là que les Business Angels (les investisseurs prêts à accompagner les start-up dans leur développement) vont chercher de nouveaux talents. La Fondation Sophia Antipolis a créé un certain nombre de clubs, Club Sophia Start-up, club Sophia Business Angels pour favoriser les rencontres entre banquiers, investisseurs, venture-capitalistes, ou grands cabinets de recrutement, avec les jeunes entrepreneurs. Afin de promouvoir la création d’entreprises un rôle clé est joué dès 2001 par l’incubateur Paca Est, implanté sur Nice, Sophia Antipolis et Toulon. Les membres fondateurs sont l’Université de Nice Sophia Antipolis, l’Inria, le Conseil Général des Alpes-Maritimes et le Conseil Général du Var, avec le campus Toulon Sud. Il est soutenu aussi par la recherche nationale, le Cnrs, le Conseil Régional. Grâce a cet organisme les projets innovants sont identifiés pour offrir des formations et une période d’incubation de 24 mois, jusqu’au démarrage commercial d’une société. Mais à condition que chaque projet démontre un lien avec la recherche universitaire.
 Une antenne de Telecom Paris Tech a été aussi ouverte à Sophia. Il s’agit du plus grand incubateur en France, qui a soutenu des centaines des projets et favorisé la création de plus de 1.000 entreprises. Et dans la technopole azuréenne les histoires de succès de start-up ne manquent pas. Certaines sont devenues des sociétés de renommée internationale, comme Geoimage, Istar, Realviz ou Nicox (toutes nées à la fin des années 80). Geoimage aujourd’hui est le leader de la  cartographie numérique en 3D. Istar, fondée par des chercheurs de l’Inria reconstitue le relief de la planète à partir des images transmises par le satellite d’observation « Spot ». Realviz, créé aussi par des ingénieurs de l’Inria et des cadres de Médialab, a obtenu un vrai succès dans le domaine de l’animation numérique et les effets spéciaux. Et Nicox a déposé d'importants brevets dans la biopharmaceutique et les médicaments. D’autres histoires de jeunes pousses sont plus récentes, c’est le cas de Wimba, lancée il y a plusieurs années par quatre étudiants et un professeur de l’Institut EURECOM pour développer des applications logicielles collaboratives en ligne dans le domaine de la formation.

Depuis 2 ans, le Business Pôle, créé par la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis afin de compléter et de dynamiser l’écosystème de l’innovation regroupe dans un unique bâtiment, l’incubateur PACA EST, Telecom Paris Tech, les associations, les Pôles de Compétitivité (SCS, Pegase…) et la chambre de Commerce. A la fois pépinière et « Cantine » ce lieu est ouvert à tous les acteurs de l’innovation et propose un espace de coworking.

Sophia Antipolis aujourd’hui
Au 1er janvier 2014, Sophia Antipolis représente 1350 raisons sociales (entreprises, laboratoires, start up, écoles, Université…), 34 400 emplois, 4500 chercheurs et 5500 étudiants, 170 sociétés étrangères et environ 63 nationalités. Parmi les installations marquantes d’entreprises, on peut noter Dailymotion la plus grande communauté vidéo en ligne française, considérée comme le rival de YouTube en Europe. Mais très récemment on peut citer sur le parc l’installation de géants comme Samsung et Huawei. En 2013, l’Université de Nice Sophia Antipolis a inauguré son grand campus à Sophia et affirme sa volonté de mettre l’innovation au centre de la recherche et de l’enseignement. Les travaux de recherche s’articulent autour de 4 axes scientifiques : Systèmes et réseaux ubiquitaires (communication, calcul et logiciel omniprésents), Santé et Biologie computationnelles, Modélisation, simulation et technologies pour l’environnement, les risques et le développement Durable, Connaissances, services et usages en réseau. Parallèlement, en partenariat avec l’Etat, une réflexion sur l’avenir de Sophia Antipolis a été menée. Celle-ci aboutira à l’horizon 2030 à une nouvelle configuration du parc qui privilégiera 4 lieux de vie qui seront complémentaires et faciliteront la fertilisation croisée et l’innovation.