Parcours La Préhistoire sur la Côte d’Azur

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Présentation

La Côte d’Azur est une région extrêmement riche en sites préhistoriques qui nous racontent la vie et le comportement des hommes depuis leur arrivée en Europe jusqu’à l’émergence des premières écritures.

Le musée de préhistoire régionale, Menton

Le musée propose des expositions de préhistoire régionale. On y découvre l’évolution et le mode de vie des hommes préhistoriques à Menton et dans la région. L’exposition de l’Itinéraire Via Julia Agusta, qui traite de l’Antiquité régionale, complète la présentation chronologique.

Le Vallonnet et l’arrivée de l’Homme dans le sud de la France

Située sur la côte méditerranéenne à Roquebrune-Cap-Martin, la grotte du Vallonnet a livré des vestiges préhistoriques datés de près d’un million d’années. Elle est un des sites ayant livré les traces des premiers européens.

Des industries lithiques, galets taillés et éclats, y sont découvertes en association avec de nombreux ossements de mammifères. La faune est composée de 25 espèces de primates (macaques), carnivores et herbivores. Le lapin de garenne, des rongeurs, un insectivore, des amphibiens et reptiles, dont la tortue d’Hermann, complètent ce corpus. Les traces d’une activité humaine se reconnaissent en particulier sur des os de cervidés et de bison. Le rhinocéros est également fréquent mais la présence de ses fossiles dans la grotte est plutôt due à la hyène.

La grotte du Vallonnet, Roquebrune-Cap-Martin

Il y a un million d’années, l’Homme est présent sur les rivages de la Méditerranée. On en trouve les traces dans la Grotte du Vallonnet située à Roquebrune Cap-Martin. On peut imaginer qu'un petit groupe d'hommes devait occasionnellement chasser des cerfs, converger vers la grotte et y rapporter les restes des gros herbivores, pour les stocker et pouvoir les désarticuler à l'abri d'autres prédateurs.

La grotte se trouve au bord d’un ruisseau dans un vallon abrité. Elle constituait un refuge temporaire idéal pour des populations qui fréquentaient le littoral de cette région méditerranéenne à une époque où l’environnement était plus découvert et le climat plus sec qu’actuellement.

Terra Amata et la naissance du feu

Le site de Terra Amata, fouillé en 1966, sur les pentes du mont Boron, à Nice, est un gisement exceptionnel pour la compréhension du Pléistocène moyen dans le sud de la France. Il date de 400 000 et 380 000 ans.

Les sols d’occupation superposés de Terra Amata sont situés chronologiquement dans une période de transition entre une grande période de réchauffement et une grande période de refroidissement de la planète à l’échelle globale. Compte tenu des données de la stratigraphie, de la technologie et de la typologie des outillages préhistoriques, de l’étude des restes d’animaux et des datations absolues, on peut attribuer un âge proche de 380 000 ans à la dune littorale, qui correspond au début d’une régression de la mer, et un âge proche de 400 000 ans au cordon littoral, qui correspond à la fin d’une période de transgression de la mer.

À Terra Amata, la faune comprend une association caractéristique d'une période tempérée du Pléistocène moyen médian : cerfs, éléphants antiques, aurochs, rhinocéros de prairie, ours, daims, etc.

L’outillage exhumé à Terra Amata est caractérisé par la présence de très nombreux galets aménagés. Ils sont essentiellement représentés par des choppers de types variés. Les chopping-tools sont rares. Par ailleurs, la présence de pics est un élément caractéristique de l’outillage de Terra Amata. Les bifaces sont très rares. Des hachereaux, presque tous aménagés sur galet, exceptionnellement sur éclat, sont également à signaler.

Certains indices, mis en évidence lors de la fouille, autorisent à penser que des huttes en matériaux périssables ont été construites par les hommes pour se protéger. Ces structures ont pu être identifiées par la présence d’empreintes de piquets et de poteaux et par des lignes de pierres. Elles sont également soulignées par la répartition de l’outillage et des déchets culinaires qui jonchaient le sol de l’aire d’habitation. Les huttes, toujours ovales, pouvaient mesurer de 7 à 15 mètres de longueur sur 4 à 6 mètres de largeur.
Il ne semble pas qu’il y ait eu sur ce site des campements de longue durée. Les hommes paraissent s’être installés périodiquement dans la petite crique de Terra Amata, à la fin du printemps ou au début de l’automne.

Le site de Terra Amata, Nice

L'espace muséal de Terra Amata est installé sur le lieu même de la fouille du site du même nom, qui a livré les plus anciens foyers de l’histoire de l’humanité, datant de 400 000 ans. 

Par ailleurs, le gisement de Terra Amata a livré des foyers aménagés qui témoignent des prémices de la domestication du feu par l’homme. Chaque foyer présentait du côté nord-ouest une petite murette, constituée de pierres ou de galets, probablement destinée à protéger le feu des courants d’air et particulièrement des vents du Nord-Ouest, encore dominants à notre époque. Ces foyers étaient de dimension restreinte. Dans les niveaux de la plage, des traces de combustion se limitaient à des cendres et des charbons de bois sans qu’il soit possible d’y déceler de véritables foyers organisés.

La grotte du Lazaret et la transition entre Paléolithique inférieur et moyen

La grotte du Lazaret est située sur les pentes occidentales du mont Boron, à Nice. Dominant la Baie des Anges, elle s’ouvre vers le Sud-Ouest sur une corniche s’élevant aujourd’hui à 26 m d’altitude.

À l’époque préhistorique, pendant les périodes froides, lorsque la ligne de rivage était plus basse que de nos jours, elle était alors à plus de 140 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer.

La grotte renferme des dépôts archéologiques de plus de six mètres d’épaisseur qui couvrent la période glaciaire de la fin du Pléistocène moyen, et durant laquelle des familles d’Anténandertaliens sont venus occuper la grotte à plusieurs reprises. La grotte a livré des industries et des faunes très riches en vertébrés et invertébrés qui permettent de comprendre le comportement de ces Hommes préhistoriques et de reconstituer leur environnement et l’histoire de la biodiversité de cette période.

La grotte du Lazaret, Nice

La grotte du Lazaret est située au pied des pentes du mont Boron, dans la ville de Nice, à 26 mètres au-dessus de la mer. Elle à servi d'abri pour les hommes préhistoriques anténéandertaliens, qui l'ont occupée de -190 000 à -130 000 ans. La grotte du Lazaret est un site archéologique du paléolithique inférieur, classé monument historique depuis 1963.Elle est toujours en cours de fouille par le Laboratoire Départemental de Préhistoire du Lazaret.

La période des derniers Homo erectus est connue grâce au site de Carros-le-Neuf et surtout au gisement du Lazaret, à Nice. A cette époque, la culture est encore attribuée, comme à Terra Amata, à l’Acheuléen, une industrie riche en bifaces.

L’homme de Neandertal sur la Côte d’Azur

La grotte du Lazaret permet de suivre le passage des derniers Homo erectus européens (anténéandertaliens) vers l’homme de Neandertal qui émerge vers 120 000 et qui est très présent dans la région. La culture matériel de cet homme est appelée le Moustérien.

Quelques sites moustériens sont connus dans les Alpes-Maritimes : l’abri Pié Lombard à Tourrettes-sur-Loup, datés d’environ 70 000 ans, le site de Vosgelade à Vence avec, non loin de là, un autre site, la grotte Mellira qui a également livré une industrie moustérienne. La station de plein air de Baral, sur la commune de Mandelieu, non loin de Cannes, a fourni des ensembles lithiques en partie moustériens

À Monaco et en Ligurie italienne, les cultures moustériennes sont documentées par les matériels archéologiques, paléontologiques et paléo-anthropologiques récoltés lors des fouilles de nombreux sites en plein air, sous-abri ou en grotte, présents en bord de mer ou à quelques kilomètres dans l’intérieur des terres : la grotte de l’Observatoire à Monaco, les nombreux gisements des Balzi Rossi (Vintimille) comprenant la grotte du Prince, la Barma Grande, la grotte du Cavillon et l’abri Mochi.

Les grottes de Grimaldi et l’homme de Cro-Magnon

Aux alentours de 37 000, les hommes de Neandertal disparaissent et son remplacés par les « hommes modernes », également appelés hommes de Cro-Magnon ou Homo sapiens.

Les différentes grottes situées à Vintimille, et dites grottes de Grimaldi ou Balzi Rossi, témoignent de cette époque que l’on appelle le Paléolithique supérieur. Les hommes (de grande taille, entre 1,80 et 1,88 mètre) habitaient soit dans les grottes, soit dans des huttes situées juste devant les grottes. A cette époque, en pleine période glaciaire, la mer se situait 2 km plus loin qu'aujourd'hui, tant et si bien qu'ils disposaient devant eux d'une vaste plaine peuplée de nombreux animaux.

Ces Homo sapiens ont laissé comme témoignages de leur passage de nombreuses sépultures d'hommes, de femmes et d'enfants, le plus souvent portant des parures et enduits d’ocre. Les chercheurs ont aussi retrouvé plusieurs statuettes féminines, témoignage d'un courant artistique d'il y a 20 000 ans que l'on retrouve dans toute l'Europe. Les grottes de Grimaldi sont à la fois un site majeur de la préhistoire et un très agréable lieu de visite et de découverte.

D’autres gisements, comme la Baume Périgaud à Tourrette-Levens ou la Baume Obscure des Courmettes à Tourrette-sur-Loup témoigne de la présence dans notre région des ces hommes modernes du Paléolithique supérieur.

La révolution néolithique

Vers 10 000, se termine la dernière grande période glaciaire. Le réchauffement climatique impose aux hommes de profondes transformations dans leur mode de vie. C’est l’époque de l’Epipaléolithique et du Mésolithique. On a retrouvé des niveaux de cette période à l’abri Lombard à Saint-Vallier-de-Thiey et L'abri Martin à Gréolières. Les changements fondamentaux qui caractérisent le Néolithique (-6000 à -2100)  sont l'invention de l'agriculture (production de blé et d'orge à l'origine) et la domestication des animaux (la chèvre et le mouton, puis le bœuf et le porc). L'origine de ces transformations se situe au Proche-Orient. D'autres innovations sont à remarquer durant le Néolithique, comme l'invention de la poterie ou l'apparition du polissage. La sédentarisation progressive des populations est une des conséquences majeures de ce nouveau mode de vie.

De nombreux site néolithiques ont été fouillés dans notre région, on peut, par exemple citer, L'abri Pendimoun à Castellar et les sites de Giribaldi et Caucade à Nice.

La fin du Néolithique (vers 2100 avant notre ère) est marquée par l'apparition de la métallurgie du cuivre dans le sud de la France. C’est l’époque des premières gravures de la vallée des Merveilles qui marque la fin de la Préhistoire.

Le musée départemental des Merveilles, Tende

Située à 80 km au nord de Nice, on découvre la ville de Tende après la remontée de la vallée de la Roya, le musée départemental des Merveilles, établissement étroitement lié au site de gravures rupestres du Mont Bego. Il propose une approche de l’histoire de la région marquée par les gravures de l’âge du Cuivre et de l’âge du Bronze ancien et par une tradition pastorale pluriséculaire.

Les gravures du mont Bego

Située à la frontière franco-italienne dans les Alpes-Maritimes, au cœur du Parc national du Mercantour, la « région du mont Bego » est un véritable musée à ciel ouvert qui s’étend sur environ 14 km2. Tout autour du mont Bego, qui culmine à 2 872 m, de hautes vallées montagnardes d’origine glaciaire conservent plus de 50 000 gravures disséminées sur les roches entre 2 000 et 2 700 m d’altitude. 

Ressources

MUSÉE D’ARCHÉOLOGIE DE NICE, SITE PRÉHISTORIQUE DE TERRA AMATA

25, boulevard Carnot 06300 NICE

Tél. : 04 93 55 59 93 Fax : 04 93 89 91 31

site Internet : http://www.musee-terra-amata.org/

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h

Fermeture le mardi et certains jours fériés (1er janvier, dimanche de Pâques, 1er mai et Noël)

Lundi : exclusivement accueil des groupes sur réservation

 

MUSÉE DE PRÉHISTOIRE RÉGIONALE de MENTON

Rue Loredan-Larchey 06500 Menton

Ouvert tous les jours sauf mardis et jours fériés, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Entrée gratuite

Contacts : Tél. : 04-93-35-84-64

MUSÉE DE LA PRÉHISTOIRE DE TOURRETTE-LEVENS

Maison des Remparts 171, montée du Château 06690 Tourrette-Levens

Tél. : 04-97-20-54-60

E-mail : contact@sepp-prehistoire.com

Site Internet : https://www.facebook.com/musee.prehistoire.tourrette.levens