Parcours l'Art Baroque dans le Comté de Nice

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Introduction

Très présent dans le département, l’art baroque se décline sous toutes ses formes. L’architecture se déploie aussi bien sur le littoral que dans l’arrière-pays ; la peinture orne églises, palais et s’invite dans les collections des musées ; la musique enfin retrouve un public toujours plus nombreux  grâce à quelques passionnés.

L’architecture : un art théâtral influencé par les modèles italiens

Sobriété architecturale et profusion décorative : le modèle génois

En raison du voisinage de la Ligurie et des liens étroits qui unissent les élites locales à la noblesse de Gênes, le comté de Nice et la principauté sont profondément influencés, dans leur architecture, par les modèles artistiques génois. Très sensible dans toute la région au XVIIe siècle, cette influence s’efface en partie devant celle du Piémont au XVIIIe à Nice : en revanche, elle perdure jusqu’à la fin de l’époque baroque dans la principauté, en particulier à Menton. Elle se combine avec un reste de tradition médiévale et les modèles romains de l’art jésuite.

Représenté dans l’architecture civile par le palais Lascaris, palais de style génois situé dans le Vieux-Nice, le modèle ligure s’exprime bien davantage dans l’architecture religieuse dont il reste des témoignages beaucoup plus nombreux. Il repose sur un discours architectural assez sobre qui se traduit par un plan basilical à triple nef – église Saint-Michel de Menton, cathédrale Sainte-Réparate de Nice, église Saint-Michel de Sospel - ou, plus souvent, par une nef rectangulaire unique flanquée de chapelles latérales comme à l’église Saint-Pierre-ès-Liens de l’Escarène ou à celle du Gesù de Nice. Les façades rectilignes, fondées sur un ordonnancement équilibré et des lignes rigoureuses, sont empreintes d’un certain classicisme tandis que le clocher, de forme variée et assez souvent couvert de tuiles polychromes vernissées, apporte une touche de fantaisie ; de taille généralement modeste, il peut se faire plus imposant : ainsi en est-il du grand campanile de Saint-Michel de Menton qui culmine à 53 mètres ou du superbe dôme de la cathédrale Sainte-Réparate de Nice, construit au XVIIIe siècle. A la simplicité du parti architectural s’oppose, fréquemment, la richesse du décor intérieur où se manifeste la permanence du style maniériste. L’église du Gesù (Nice), par exemple, offre au regard des visiteurs un véritable foisonnement de stucs et de dorures qui décline à l’envi le thème angélique.

Le Palais Lascaris, Nice

Le Palais Lascaris est une ancienne demeure aristocratique, située au cœur de la vieille ville niçoise. Classé au titre des Monuments Historiques depuis 1946, le palais Lascaris est un exemple brillant de l’architecture civile à l’époque baroque. Transformé en musée à partir de 1963, il abrite une des plus importantes collections d’instruments de musique anciens de France.

L'église Saint-Pierre-ès-Liens, l’Escarène

Classée Monument historique, l’église se situe au cœur du vieux village de l’Escarène, une étape incontournable sur la route du sel jusqu’au XIXe siècle. L’édifice principal est flanqué de deux chapelles latérales, au nord celle des pénitents blancs, au sud celle des pénitents noirs. L’ensemble constitue un magnifique exemple de baroque nisso-ligure.

Venus de Gênes, plusieurs artistes contribuent par leur talent à l’embellissement de la région. Le peintre Giovanni Battista Carlone apporte sa contribution aux décors du palais Lascaris et c’est à Lorenzo Lavagna, capo maestro della fabbrica, qu’est confiée la construction de Saint-Michel (Menton) sur le modèle de la Santissima Annunziata (Gênes).

Le sanctuaire de Notre-Dame-de-Laghet, La Trinité

Laghet, de l’italien: Laghetto, est un hameau dépendant de la commune de La Trinité dans le département des Alpes-Maritimes. Notre-Dame-de-Laghet est l’association du nom de la Vierge Marie et de ce petit village.

Courbes et contre-courbes : l’affirmation du baroque piémontais

Partie intégrante du Duché de Savoie (devenu royaume de Sardaigne au début du XVIIIe siècle), le comté de Nice s’inspire aussi des modèles artistiques de ce dernier dont la capitale, Turin, héberge des artistes de renommée européenne comme l’architecte Camillo-Guarino Guarini, et constitue un des principaux foyers de création architecturale à l’époque baroque. C’est au XVIIIe siècle surtout que s’affirme dans la région, mais essentiellement à Nice, l’influence du baroque piémontais.

Celle-ci se manifeste dans l’architecture civile – dont il ne reste que de rares témoignages difficilement accessibles au public – mais aussi dans l’urbanisme, les autorités ayant fait appel à des ingénieurs et architectes ducaux pour concevoir les nouveaux quartiers situés sur le Pré-aux-Oies à l’ouest du Vieux-Nice. Toutefois, comme au XVIIe siècle, c’est surtout l’architecture sacrée qui traduit cette influence.

Les églises se transforment, en effet, au gré des modes turinoises. Tandis que les intérieurs affichent, pour beaucoup d’entre elles, la même exubérance décorative qu’au siècle précédent, le plan centré curviligne fait son apparition. Si l’église Saint-Martin-Saint-Augustin constitue un compromis entre le plan longitudinal et ellipsoïdal, qui s’exprime par l’incurvation des deux travées extrêmes de la nef, d’autres églises présentent un vaisseau central entièrement elliptique : c’est le cas de l’église Saint-Pons ou de la chapelle de la Miséricorde, chef-d’œuvre le plus accompli du baroque piémontais dans la région ; en-dehors de Nice, l’église Saint-Michel de La Turbie présente également un plan ellipsoïdal. Les façades entrent en résonnance avec ce plan : adoptant des formes convexes ou concaves, elles font désormais la part belle aux courbes et contre-courbes et deviennent ondulantes.

Les artistes piémontais sont mis à contribution pour renouveler l’architecture niçoise. Filippo Juvarra, très actif à Turin, est l’architecte supposé du palais Corvesi (qui abrite aujourd’hui la mairie annexe) ; son élève Bernardo Vittone, également à l’origine de nombreux monuments dans le Piémont, édifie la chapelle de la Miséricorde en s’inspirant d’un projet initial de Guarini. Antonio Bertola, quant à lui, dessine le plan d’urbanisme du Pré-aux-Oies  et conçoit l’église Saint-Pons.

Mise en scène et effets visuels : une architecture théâtrale

La théâtralité de l’art baroque s’exprime avec brio dans l’architecture de la région; elle vise à éblouir, à séduire, et transforme en véritables spectacles les cérémonies chrétiennes ou les visites chez les élites.

L'architecture baroque dans les Alpes-Maritimes

Le Baroque est un style caractérisé par la liberté des formes et la profusion des ornements. Le nom de baroque vient du portugais barroco qui signifie « perle irrégulière ». Entre 1620 et 1780, dans tout le Comté de Nice, le Baroque se manifeste dans l’architecture religieuse, civile et dans l’urbanisme.

Cette théâtralité s’affirme d’abord dans l’architecture religieuse. Derrière la façade, qui s’apparente à un rideau de scène, l’espace apparaît démesuré par contraste avec la trame construite voisine, souvent très dense. Un véritable décor s’offre alors aux yeux du fidèle : souvent refait ou complété au XIXe siècle, à l’époque du « néo-baroque », ce décor multiplie les stucs, les fresques, les dorures, les polychromies, les marqueteries de marbre… Outre l’église du Gesù, précédemment évoquée, la chapelle de l’Annonciation à Nice ou encore celle des Pénitents blancs à l’Escarène constituent, à cet égard, des exemples particulièrement remarquables. 

Une mise en scène subtile individualise les différents espaces ; le plan divin au niveau des voûtes, séparé du plan terrestre par l’entablement, concentre l’essentiel de la décoration. Ainsi, dans la chapelle de l’Annonciation (Nice), la hiérarchie est strictement respectée : dépouillé au niveau des hommes, le décor s’enrichit progressivement en montant vers Dieu. Dans la même optique, le chœur, espace sacré, apparaît rétréci par rapport à la nef dont le sépare souvent un arc triomphal, comme dans l’église de l’Escarène : un moyen de valoriser son caractère intime voire secret. La lumière participe, quant à elle, à la dramatisation des lieux : provenant d’ouvertures hautes pratiquées à la naissance de la voûte et cachées au public, elle semble presque irréelle et attire le regard des visiteurs vers le haut.

La peinture : un  art de l’illusion et de l’émotion

Les fresques : des effets de trompe-l’œil

A la période baroque, de vastes fresques décoratives se déploient sur les plafonds et les voûtes, plus rarement sur les murs, des édifices sacrés et profanes. Elles exploitent souvent des effets de trompe-l’œil pour créer une illusion de volume voire d’ouverture vers l’extérieur et effacer toute distinction entre peinture, sculpture et architecture : un moyen de réunir les différents arts dans une même représentation.

Dans les édifices religieux de la région, de nombreux décors peints ont été réalisés, refaits ou très restaurés au XIXe siècle. C’est le cas dans les églises niçoises mais aussi dans plusieurs églises de l’arrière-pays. Il existe toutefois quelques exceptions comme le monastère de Saorge dont le réfectoire et le cloître s’ornent de fresques datées des XVIIe et XVIIIe siècles, mais leur style naïf est peu représentatif du baroque ; plus caractéristique de cette époque, l’ornementation peinte qui couvre les voûtes et la coupole de la chapelle des Pénitents blancs à l’Escarène figure une architecture imaginaire qui s’ouvre sur un ciel radieux dans lequel s’élancent la Croix et les autres instruments de la Passion.

Les plus beaux exemples du département sont cependant à chercher dans les édifices profanes. A Nice, le Palais Lascaris joue sur l’illusion dès le vestibule grâce à des trompe-l’œil en grisaille sur un fond ocre rouge ; réalisés par des artistes de l’école génoise vers la fin du XVIIe siècle, ils se prolongent sur les voûtes d’arêtes de la cage d’escalier. A l’étage noble, les plafonds des différentes pièces déclinent des scènes mythologiques – Vénus et Adonis, Psyché et Mercure, Daphnée et Apollon …- dans des perspectives « à ciel ouvert » : la scène peinte y est encadrée par une frise architecturale en trompe-l’œil agrémentée de « putti », de guirlandes fleuries, de médaillons, de rubans … Episode fréquemment représenté dans les résidences de l’aristocratie ligure, la chute de Phaéton, d’une réalisation particulièrement soignée, occupe le plafond du Grand Salon.

Le même thème se retrouve au château-musée Grimaldi de Cagnes-sur-Mer, construit au XIVe siècle mais dont les salles de réception et d’apparat ont été aménagées à l’époque baroque. Dans la salle Carlone, le fils d’Hélios tombe, foudroyé par Zeus, avec char et chevaux ; l’architecture en trompe-l’œil qui entoure cette représentation crée une illusion de hauteur vertigineuse et confère un effet particulièrement dramatique à cette scène. Longtemps attribué à Battista Carlone, ce plafond est en fait l’œuvre de Giulio Benso, un peintre italien rattaché à l’école génoise.

Les tableaux : la traduction des passions de l’âme

La peinture de chevalet occupe également une place importante à l’époque baroque ; opposée à la perfection de la Renaissance mais aussi aux artifices du maniérisme, elle se fonde sur une nouvelle esthétique naturaliste ; misant sur les contrastes, les couleurs chaudes, les effets de matière, les constructions dynamiques en diagonale, elle théâtralise personnages et événements. Volontiers grandiloquente, elle exprime avec emphase les sentiments intérieurs, les passions de l’âme.

 Dans la région, des chefs-d’œuvre de peinture baroque sont encore exposés dans de nombreuses églises. Certains d’entre eux s’intègrent à des retables, comme celui de la chapelle de la Miséricorde à Vallauris, classé Monument historique, qui comporte quatre tableaux dont une magnifique Descente de Croix, copie d’une œuvre de Federico Barocci. Peintre italien de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle, ce dernier marque la transition entre le maniérisme et le baroque dont il est un véritable précurseur.

A Grasse, trois œuvres de Pierre Paul Rubens ou de l’école de Rubens, offertes par un habitant, ornent la cathédrale. Le Couronnement d’épines, La Crucifixion et L’Invention de la Croix par sainte Hélène, reflètent le génie incomparable du maître flamand qui traduit avec brio l’intensité dramatique de ces épisodes religieux.

Le musée des Beaux-arts (musée Jules Chéret) de Nice possède, quant à lui, plusieurs œuvres du XVIIe siècle parmi lesquelles un tableau attribué à Hendricks Van Somer, David tenant la tête de Goliath ; le personnage de David, mis en lumière, contraste avec le paysage tourmenté, très sombre de l’arrière-plan d’où émerge la tête coupée, énorme et verdâtre de Goliath. Même effet de clair-obscur dans le tableau de Francesco Cozza, Cléopâtre se donnant la mort, qui met en valeur les drapés des riches étoffes satinées mais surtout l’expression tragiquement résignée de la reine égyptienne, au moment où elle approche la vipère de son sein.

La musique : un art sauvé de l’oubli

Une musique remise à l'honneur

Composée entre 1600 et 1750, la musique baroque connaît une longue éclipse avant d'être remise à l'honneur il y a une soixantaine d'années environ. Si les premières entreprises de réhabilitation de musique ancienne remontent au début du XIXe siècle – avec, par exemple, le retour de Jean-Sébastien Bach dans le répertoire -, le phénomène reste assez confidentiel jusqu'à l'après-guerre. Il faut attendre les années 1950/1960 pour que la musique baroque retrouve vraiment droit de cité et suscite l'adhésion d'un public toujours plus large : un succès qui se manifeste par la multiplication des formations spécialisées et la création de festivals consacrés à cette musique.

A cet égard, la région fait figure de pionnière. Dès 1964, le contrebassiste Jean Bua et le violoniste Gilbert Bezzina, véritables précurseurs en la matière, créent la Société de Musique ancienne de Nice (SMAN) : elle se donne pour mission d'assurer la promotion et la diffusion de la musique baroque. En 1990, avec le concours actif de la claveciniste Michaela Chétrite, naît l’Ensemble de la SMAN. Actuellement formé de musiciens des Alpes-Maritimes, ce dernier comprend une quinzaine de membres, instrumentistes et chanteurs, qui abordent tout le répertoire de musique de chambre composé avant la fin du XVIIIe siècle. Cette formation, qui a enregistré deux CD, organise des saisons de concerts et participe régulièrement aux festivals de musique ancienne de la région.

Créé en 1982, l'Ensemble baroque de Nice est, quant à lui, une des principales formations françaises spécialisées dans cette musique. Sous la direction de Gilbert Bezzina, il se produit en France et à l'étranger et s'attache à promouvoir à la fois le répertoire instrumental et le répertoire lyrique. Avec une vingtaine d'enregistrements discographiques à son actif, il participe activement à la redécouverte des chefs-d'œuvre oubliés ou méconnus de cette époque. Depuis 1996, il propose entre septembre et mai une saison musicale, intitulée «Vieux-Nice baroque en musique » avec une série de concerts qui se déroulent dans les églises de la vieille ville.

La musique baroque dans le comté de Nice

Étroitement liée à l’art, la musique baroque a connu son âge d’or au XVIIe et XVIIIe siècles. Elle a ressurgi dans la seconde moitié du XXe siècle au moment du grand retour aux interprétations « authentiques » des musiques des siècles passés.

A Sospel enfin, les Baroquiales sont un festival d'art baroque qui se déroule chaque année en juillet : elles accueillent des formations de renommée internationale dans des lieux emblématiques  comme la cathédrale Saint-Michel ou la chapelle Sainte-Croix.

A la recherche du son perdu

Parallèlement à cette réhabilitation de la musique baroque, on s’interroge sur l'interprétation des œuvres. Pendant longtemps, en effet, ces dernières s’adaptent aux goûts et à la sensibilité des contemporains et se dotent d’une sonorité symphonique qui prend sa source au XIXe siècle. Puis, en lien avec la redécouverte progressive du répertoire, naît le désir de rendre à la musique baroque sa spécificité sonore, de restituer ses phrasés, ses rythmes, ses ornements, son diapason, ses timbres … bien particuliers. Au début du XXe siècle, Wanda Landowska remet à l'honneur le clavecin et Henri Casadesus la viole d'amour ; dans les années 1940, avec Alfred Deller, resurgit la tessiture du contreténor quasiment disparue depuis deux siècles Mais c'est surtout dans les années 1960-1970 que la recherche du son perdu, de la vérité sonore, devient l'objectif affiché de ceux que la critique surnomme péjorativement les « baroqueux ».

Gilbert Bezzina en fait partie et participe de manière active à cette réhabilitation du son baroque en étant un des premiers à utiliser un violon doté de cordes en boyau et monté à l’ancienne. Dans sa lignée, la Société de Musique ancienne de Nice puis l'Ensemble baroque de Nice s'attachent à remettre à l'honneur les  techniques instrumentales d'époque en compulsant les traités d'interprétation des XVIIe et XVIIIe siècles et en se référant aux sources originales. Par ailleurs, ces deux formations tentent de restituer la musicalité la plus authentique possible en utilisant des copies d'instruments baroques.

Les instruments baroques

Certains instruments de musique sont, en effet, intimement liés à l’époque baroque : très fréquents dans les orchestres du XVIIe et XVIIIe siècles, leur usage se fait parfois plus rare par la suite et quelques uns sombrent même dans l’oubli pendant plusieurs décennies.

Le Palais Lascaris à Nice, dont le cadre se prête admirablement à cette fonction, fait office de musée d’instruments de musique anciens [g2] et présente de nombreuses pièces baroques. Deuxième de France par son importance et riche de plusieurs centaines  d’instruments, son fonds provient d’une collection réunie au XIXe siècle et léguée par un riche notable niçois, amateur éclairé de musique, Antoine Gautier ; il s’est ensuite progressivement enrichi au gré des acquisitions et des conventions signées par la ville de Nice.

La collection d'instruments du Palais Lascaris

Le Palais Lascaris évoque l’une des plus belles demeures baroques parmi celles de l’aristocratie du XVIIe siècle à Nice. Transformé en musée depuis 1963, il abrite aujourd'hui l'une des plus importantes collections d'instruments de musique anciens. 

Si la collection s’échelonne de la fin de la Renaissance aux années 1960, l’exposition permanente regroupe surtout des instruments fabriqués avant 1800 ; parmi ceux-ci figure un ensemble exceptionnel de guitares baroques, facilement identifiables à leur corps plus étroit que celui de la guitare classique et à leur dos bombé ; dans la famille des cordes, le musée possède également des violes de gambe, très utilisées dans la musique baroque puis supplantées par le violoncelle, des luths et théorbes, également disparus au XIXe siècle, des violes d’amour… Les instruments à vent ne sont pas en reste avec, en particulier, une rarissime flûte à bec fabriquée par le très réputé facteur allemand Johann Christoph Denner ; la collection comporte, enfin, un clavecin, instrument baroque par excellence, détrôné par l’invention du piano à la fin du XVIIIe siècle.

Vocabulaire du Baroque

Arc doubleau : Arc doublant une voûte pour la renforcer.

Architrave : Partie inférieure de l’entablement.

Assomption : Dans le dogme chrétien, élévation miraculeuse de la Vierge au ciel.

Baroque nisso-ligure : voir la fiche du parcours baroque

Chevet : Extrémité postérieure de l’église.

Chœur : Partie de l’église où officient les prêtres.

Chapiteau composite : chapiteau alliant les volutes de l’ordre ionique aux feuilles d’acanthe de l’ordre corinthien.

Colonne torse : colonne dont le fût est contourné en spirale.

Corniche : Partie supérieure de l’entablement formant une bordure en saillie.

Entablement : Elément d’architecture en saillie placé au-dessus d’un support (colonnes, pilastres…) ; il est constitué de trois parties, de bas en haut, l’architrave, la frise et la corniche.

Frise : Partie de l’entablement située entre l’architrave et la corniche et généralement décorée.

Fronton : Elément architectural, souvent de forme triangulaire, qui surmonte la façade d’un édifice.

Liturgie : Culte public dans la religion chrétienne.

Nef : Partie de l’église s’étendant du portail jusqu’au chœur.

Pilastre : Pilier carré engagé dans le mur.

Retable : Partie postérieure et verticale d’un autel peinte ou/et sculptée.

Rinceau : Arabesque végétale sculptée ou peinte.

Route du sel : Chemin reliant la Provence au Piémont, utilisé pour le commerce du sel ; elle est aménagée au XVII/XVIIIe siècles et devient la Route royale qui joint Nice à Turin par le col de Tende.

Serlienne : ouverture à trois baies ; la baie centrale, plus haute, est en plein cintre, les deux autres sont rectangulaires.

Stuc : Enduit composé de plâtre et de poussière de marbre servant à réaliser des motifs décoratifs.

Trinité : Les trois personnes divines dans la religion chrétienne, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Volute : Enroulement en spirale.

Ellipsoïdal : qui a la forme d’une ellipse ou d’une forme approchante, en géométrie, surface à trois dimensions dont toutes les sections planes sont des ellipses.

Elliptique : qui a la forme d’une ellipse

Bibliographie sommaire

Ouvrages généralistes sur l’art baroque

Yves Bottineau, L’art baroque, Citadelles & Mazenod, 2005 (reéd)

Pierre Cabane, L’art classique et le baroque, Larousse, 1998 (1e édition, reéd. 2013)

Peinture

Béatrice Debrabandère-Descamps, Musée des Beaux-arts de Nice, 1997

Stefano Zuffi, Francesca Castria Marchetti, La peinture baroque, Gallimard, 1999

Gilles Néret, Rubens, Taschen, 2004

Musique

Julie Ann Sadie, Guide de la musique baroque, Fayard, 1995

Philippe Beaussant, Vous avez dit baroque ? Actes Sud, 1988

Antoine Geoffroy-Dechaume, Les « secrets » de la musique ancienne, Grasset, 1977