Les traces de l’Antiquité grecque
et latine à Antibes

Folio PDF Sp@ce

Les plus anciennes traces d'occupation d'Antibes remontent au début du VIe s. av. J-C., les hommes ont aménagé les pentes de cet éperon escarpé pour établir leurs habitations et les ruelles pour les desservir. Mais c'est avec le monde grec que les échanges furent les plus étroits par l'intermédiaire des Phocéens. La création ultérieure d’Antipolis semble dater des IVe-IIIe s. av. J-C. Aujourd’hui les fouilles se poursuivent et fournissent la seule opportunité de connaître une ville dont peu de choses sont aujourd’hui visibles de son glorieux passé.

Localiser

Agrandir

Les plus anciennes traces d'occupation

Les plus anciennes traces d'occupation ont été retrouvées sur le Rocher, à proximité de la cathédrale et du château.
Au début du VIe s. av. J-C., les hommes ont aménagé les pentes de cet éperon escarpé pour établir leurs habitations et les ruelles pour les desservir.
Cette petite communauté indigène entretenait des liens avec les peuplades méditerranéennes, notamment étrusques, comme le montre le chargement de l'épave dite de la Love retrouvée au Cap d'Antibes.

  © À Vol d'oiseau © Cliché P. Béhar  © CG 06

Le Rocher d’Antibes siège de l'agglomération indigène.

 © Cliché M. Bats  © CG 06

Fouille de la chapelle du Saint-Esprit. Sol d’habitation 108 du premier âge du fer avec six trous de pieux et calage de petites pierres.

 © Cliché Sept Off Nice © CG 06

Mobilier étrusque de l’épave de la Love.

Les échanges avec le monde grec

Mais c'est avec le monde grec que les échanges furent les plus étroits par l'intermédiaire des Phocéens (habitants de Phocée, une ville grecque d’Asie mineure) qui fondèrent Marseille vers 600 av. J.-C. En témoigne la découverte d'amphores massaliètes dans les niveaux archéologiques du dernier quart du VIe s. av. J.-C., signe d'une consommation nouvelle et abondante de vin.

La création ultérieure d’Antipolis répond à la volonté de Marseille de sécuriser ses voies commerciales le long des côtes en créant des places fortes, comme Olbia (dans le Var), ou des comptoirs, comme Antibes et Nice. On ignore la date exacte de la fondation de la ville mais les recherches actuelles montrent un accroissement des importations de vaisselle grecque au tournant des IVe-IIIe s. av. J.-C.  Faut-il associer cette évolution à l’arrivée des colons massaliètes ? Le nom même d’Antipolis – « la ville d’en face » en langue grecque  - donne lieu à diverses interprétations dont aucune n’emporte l’adhésion : était-ce en face de la Corse où les Grecs étaient anciennement implantés ?   En face de Nice ? Mais cette dernière ville semble une création postérieure. Ou bien encore en face du village indigène du Rocher ? L'emplacement même de cette ville grecque demeure également inconnu. Toutefois, il est probable qu'elle ait été implantée au pied du Rocher et qu’elle reste à découvrir sous la vieille ville actuelle.

© Cliché Cliché Sept Off, Nice  © CG 06

Le galet d’Antibes (Ve s. av. J.-C.). « Je suis Terpon, serviteur de l’auguste déesse Aphrodite. Que Cypris récompense de sa faveur ceux qui m’ont placé ici ». Il s’agit de la plus ancienne inscription d’Antibes et l’une des rares inscriptions grecques antérieures à l’époque hellénistique découvertes à Marseille et dans ses colonies.

© Cliché Gallia 1960  © CG 06

Tablette d’envoûtement à caractère grec.

Antipolis romaine

En 49 av. J.-C, le ralliement à Pompée dans sa lutte qui l’oppose à César et la victoire de ce dernier signent pour Marseille la perte de ses colonies. Antibes, comme Nice, sont détachées de leur métropole. Antipolis accède au statut de communauté autonome, probablement dès 43 av. J.-C., puis, un peu plus tard, sous Lépide ou l’empereur Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-C.),  à celui de  cité de droit latin. Elle est ensuite intégrée à la province de Gaule narbonnaise. De minuscules monnaies de bronze seront émises une vingtaine d’années environ au nom de Lépide. Elles présentent au droit la tête d’Apollon et au revers une Victoire couronnant un trophée, associée aux noms abrégés de Lépide et de la cité.

 © Cliché H. Ciron  © CG 06

Monnaie d’Antibes.

L'empreinte de Rome

Pour l’époque romaine, cent quatre vingt deux personnages sont connus par des inscriptions, le plus souvent funéraires. Les plus fortunés se réservent les magistratures municipales. Quatre d’entre eux sont devenus chevaliers romains.
Un cinquième, Lucius Matucius Maximus, est même l’unique sénateur connu d’origine antiboise. Le seul métier signalé est celui d’un architecte qui a travaillé au théâtre d’Antibes. Pour important qu’il soit, ce lot d’inscriptions laisse de côté des pans entiers de la population, ceux dont la modeste sépulture n’a jamais porté de nom.

L’emprise de la ville romaine, plus importante qu’à l’époque hellénistique, est approximativement celle de la ville moderne dans ses remparts. Elle voisinerait 25 hectares mais certains secteurs, notamment marécageux, semblent n’avoir jamais été urbanisés. Deux aqueducs pourvoyaient aux besoins en eau des habitants : l’aqueduc de la  Bouillide, long de 16 km et qui recueillait les eaux de sources présentes sur Valbonne et Mougins, et l’aqueduc de la Font Vieille, long de 4,5 km, qui  captait des sources situées dans le vallon de la Brague, au nord d’Antibes.

 © Cliché  Sept Off, Nice © CG 06

Stèle funéraire de Titus Aelius Jucundus, chevalier romain mort à 5 ans.

 © Cliché E. Delaval © CG 06

Le pont de la Valmasque de l’aqueduc de la Bouillide.

Localisation des traces antiques

Quatre quartiers urbains se dégagent, à la topographie bien différentiée.

A l’est, la butte rocheuse est couronnée par un édifice public, conservé partiellement sous le château - peut-être un temple ? - et établi sur une vaste esplanade dont l’un des côtés mesure pas moins de 50 m de longueur.

Sur les pentes occidentales prennent place plusieurs maisons (domus). La mieux connue est celle fouillée il y a une vingtaine d’années en bordure de la rue Clemenceau. Plusieurs pièces mosaïquées disposées  autour d’un jardin à colonnade, la présence d’un bassin de fontaine en marbre et la commodité d’une adduction d’eau  - un privilège rare et payant – désignent son propriétaire comme un notable probablement en charge de responsabilités municipales.

 © DAO R. Thernot © CG 06

Plan de la ville romaine avec les rues et édifices connus ou supposés.

 © Cliché E. Delaval © CG 06

Mur de l’édifice public conservé sous le château Grimaldi.

 © Cliché  Sept Off, Nice © CG 06

Bassin de fontaine de la domus de la rue Clemenceau.

Dans la continuité des pentes, à l’ouest,  plusieurs édifices peu éloignés les uns des autres semblent constituer le centre monumental de la Ville.  Le forum est traditionnellement situé sous la place Nationale mais les preuves font encore défaut. A peu de distance à l’est, plusieurs ovales concentriques, repérés sur des plans et cadastres anciens et confortés par des observations récentes dans le collège Fersen, signalent la présence probable d’un amphithéâtre aux dimensions voisines de celles du monument de Cimiez (68 m x 57 m). En réalité, seul le théâtre est aujourd’hui réellement attesté. Situé à l’entrée de la ville, et partiellement conservé sous la gare des autobus, on y a reconnu l’hémicycle des gradins (cavea) portés par des murs rayonnants, les accès latéraux, la scène et le mur de scène. Un diamètre d’environ 72 mètres l’apparente au théâtre de Fréjus. C’est dans ce théâtre que dansa deux jours durant l’enfant Septentrion. Sa stèle funéraire, signalée dès l’année 1557, est la plus célèbre des inscriptions d’Antibes.Sept cyprès couronnent l’inscription qui surmonte un canthare (ou un cratère) d’où s’échappent deux tiges terminées en feuilles de lierre. De part et d’autre du vase, on relève la présence de deux étoiles à six branches. L’enfant était un jeune esclave de douze ans qui pratiquait le pantomime, sorte de ballet mythologique avec chœur et musiciens. On ignore qui a commandé l’épitaphe : la famille, son maître, des amis, le chef de troupe ?

 © DAO E. Delaval et A. de la Vernhe. © CG 06

Proposition de restitution volumétrique du théâtre antique dans le tissu urbain actuel.

 © Cliché  Sept Off, Nice © CG 06

La stèle de l’enfant Septentrion.

Le port, le vestige d'un bateau

Au nord, les rives du port constituent un secteur où cohabitent artisanat et demeures mosaïquées établis le long d’une importante rue dallée.
Une série de bassins revêtus d’un enduit étanche et contenant des restes de poissons a été observé sur 300 m de longueur du nord au sud. Ces cuves de salaison ont pu servir à la confection de garum, un condiment à base de poisson, proche de notre actuel nuoc-mâm, très prisé dans l’Antiquité et dont Antipolis s’était fait une spécialité.  Les découvertes sous-marines dans le port remontent à la fin du XVIIe siècle. Mais il a fallu attendre l’année 2012 pour qu’une opération archéologique d’envergure à l’emplacement de l’antique bassin portuaire mette au jour près d’un demi-hectare de vestiges : déchets alimentaires, vaisselle, objets de bord, etc. ; plusieurs dizaine de milliers d’objets constituent autant de précieux témoignages sur le commerce maritime et la vie quotidienne des marins entre le IVe siècle av. J.-C. et le VIIe s. apr. J.-C. La découverte la plus spectaculaire de la fouille fut celle des vestiges d’un bateau des IIe-IIIe s. apr. J.-C. Ce navire commercial devait mesurer à l’origine 22 m pour 6 à 7m de largeur.
La cargaison était absente, certainement récupérée. Retrouvé par moins de 2 m de fond, le bateau a peut-être été volontairement coulé pour servir d’appontement ?

 © Cliché E. Delaval © CG 06

Rue dallée d’époque romaine découverte Place Audiberti.

 © Cliché E. Delaval © CG 06

Les vestiges du navire antique découvert dans le port d’Antibes en 2012.

Aujourd'hui

Aujourd’hui les fouilles se poursuivent au gré des aménagements immobiliers. Elles fournissent la seule opportunité de connaître mieux encore une ville dont peu de choses sont aujourd’hui visibles de son glorieux passé.

Informations pratiques

Musée d'archéologie d'Antibes

Bastion Saint-André 06600 Antibes
Tél. : +33 (0)4 93 95 85 98

Contacts
Responsable du musée, Eric DELAVAL

Secrétariat
Tél : 04 92 90 53 31 - Fax : 04 92 90 53 35

Service des publics du musée, Elyse POIGNANT (Médiatrice)
Tél : 04 92 90 53 36 - Fax : 04 92 90 53 35

Direction des musées
Responsable du service Communication & éditions, Nathalie RADEUIL
Tél : 04 92 90 54 25 - Fax : 09 92 90 54 21 - Courriel : Cliquez ici

Ouvert tous les jours sauf les lundis
Fermé le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 25 décembre
16 septembre - 14 juin : 10 h - 13 h / 14 h - 17 h
15 juin - 15 septembre : 10 h - 12 h / 14 h - 18 h
Horaires sujets à modifications.
Avant votre visite nous vous remercions de vous renseigner au +33 (0)4 93 95 85 98 / 04 92 90 53 31

Visites commentées - visites - ateliers
Service des Publics Tél. 04 92 90 54 28 – Demande de renseignements
Ce sont les galeries voûtées du Bastion Saint-André, bâtiment militaire du XVIIe siècle, qui abritent le musée d'archéologie depuis sa création.

Tarifs

Plein tarif : 3 €
Demi-tarif : 1,5 €    Sur présentation d'un justificatif
Gratuité totale : Sur présentation d'un justificatif

Jours de gratuité    
Tous publics, lors de manifestations organisées à l'initiative du ministère de la Culture et de la Communication "Nuit des musées", "Journées du Patrimoine"

Condition groupes : Groupes supérieurs à 15 personnes. Membres du groupe : demi-tarif. Guide-conférencier : gratuité