La grotte du Lazaret, Nice

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La grotte du Lazaret est située au pied des pentes du mont Boron, dans la ville de Nice, à 26 mètres au-dessus de la mer. Elle à servi d'abri pour les hommes préhistoriques anténéandertaliens, qui l'ont occupée de -190 000 à -130 000 ans. La grotte du Lazaret est un site archéologique du paléolithique inférieur, classé monument historique depuis 1963.Elle est toujours en cours de fouille par le Laboratoire Départemental de Préhistoire du Lazaret.

La période des derniers Homo erectus est connue grâce au site de Carros-le-Neuf et surtout au gisement du Lazaret, à Nice. A cette époque, la culture est encore attribuée, comme à Terra Amata, à l’Acheuléen, une industrie riche en bifaces.

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Géographie et stratigraphie

 La grotte du Lazaret est située dans la ville de Nice. Elle s'ouvre vers le sud-ouest, au pied des pentes occidentales du mont Boron, à 26 mètres au-dessus de la mer. Elle est longue de 35 m et large de 14 m. Sur le socle rocheux de la caverne reposent deux plages marines fossiles superposées, constituées de galets, de sable et de coquilles, et témoignant de périodes tempérées. La plus ancienne remonte probablement à 300 000 ans environ. La plus récente date d’environ 200 000 ans.

Au-dessus, sur une épaisseur de 5,5 m, se sont accumulés des dépôts continentaux, constitués alternativement de niveaux à gros blocs et de cailloutis argileux et de niveaux plus argileux qui peuvent être divisés en trois grands ensembles stratigraphiques : CI, CIl et CIII. Ces ensembles, scellés en partie par un plancher stalagmitique, sont très riches en matériel archéologique et se sont déposés pendant le stade isotopique 6, entre 235 000 et 120 000 ans.

Paléoenvironnement
Le climat était plus frais et plus humide que l'actuel climat méditerranéen. On note en particulier la présence de grands mammifères caractéristiques de climat froid, tels que le rhinocéros laineux, le renne, et l'existence d'un renard roux de grande taille, comme ceux qui vivent actuellement en Allemagne et en Pologne. La persistance de faunes à cachet tempéré comme les cerfs, les chevreuils, les panthères, est liée à la position géographique du gisement, jouant le rôle d'une zone refuge. L'étude des rongeurs et des oiseaux indique un paysage en mosaïque avec une dominance de milieux ouverts. Les milieux boisés sont mis en évidence grâce à la présence des cervidés. L'étude des poissons, des mollusques marins et des foraminifères retrouvés dans les sédiments, indique également une mer plus froide que de nos jours.
Les restes humains

Plusieurs restes humains ont été découverts dans la grotte du Lazaret. Il s'agit de quelques dents et du pariétal droit d'un enfant de 9 ans mis au jour dans des dépôts datés de 160 000 ans environ. L’été 2004, un fémur humain, appartenant probablement à un sub-adulte, a été mis au jour sur le sol d’occupation UA 26. L'existence des dents humaines, dont certaines sont attribuées à des enfants, d'autres à des adultes, hommes et femmes, montre que les chasseurs vivaient dans la grotte en famille. Par leur morphologie, ces restes peuvent être attribués au groupe des Homo erectus européens ou Anténéandertaliens. Parfaitement bipèdes, ces hommes avaient une stature de 1.65 mètre en moyenne et une capacité crânienne d'environ, 1 000 à 1 200 cm3. Ils avaient un crâne bas, un front fuyant, de forts bourrelets au-dessus des orbites, une mâchoire projetée en avant. Ils n'avaient pas de menton.

Le fragment crânien du jeune Anténéandertalien du Lazaret porte les traces d'une pathologie osseuse : la face interne de son crâne présente en particulier une multiplication en « pomme d'arrosoir » des permis vasculaires et un trajet modifié de l'artère méningée, qui témoigne d'une tumeur bénigne des méninges, peut-être d'origine traumatique, ayant sans doute provoqué la mort de l'enfant.

Comportement et mode de vie
Les Anténéandertaliens du Lazaret chassaient principalement le cerf et le bouquetin, abondants dans l'environnement immédiat de la grotte, et s'attaquaient occasionnellement à d’autres gros gibiers tels que l'aurochs, le bison, le cheval, le chamois et le chevreuil mais aussi le rhinocéros et l'éléphant antique. Le gibier était rapporté au campement avant d'y être consommé. Les nombreuses stries de découpe faites par les outils en silex sont visibles sur les os et mettent en évidence des techniques de boucherie très évoluées. L'exploitation des carcasses était maximale et allait de la récupération de la viande jusqu'à celle de la moelle, des peaux et des tendons.
L'habitat

Les fouilles ont été méticuleusement conduites depuis 1967 sous la direction du professeur Henry de Lumley. La surface fouillée, qui s’étend juste en arrière du porche de l’entrée, atteint actuellement 90 m2 environ. Pour l’instant, 26 sols d’occupation humaine ont été mis en évidence, sur 2 mètres d’épaisseur sédimentaire.

Grâce à l'analyse des dents de jeunes herbivores découverts sur la fouille, il est possible d'estimer la saison de chasse et la durée d'occupation humaine pour chaque sol d'habitat. Les plus anciens sols du Lazaret correspondent à des occupations humaines de courte durée, une à deux saisons (automne, hiver), tandis que les sols supérieurs, plus récents montrent que les hommes ont occupé la grotte beaucoup plus longtemps, parfois plus d'une année. Des aménagements de l'habitat ont été mis en évidence, avec la présence de foyers, des zones de taille de silex, des aires de rejets culinaires, des litières d’herbes marines et/ou terrestres, comme sur le sol UA3 dont les fouilles minutieuses avait permis à la fin des années 60 de mettre en en évidence l’installation d’une cabane acheuléenne, vieille de 130 000 ans, et aussi comme sur le sol d’occupation UA 25 dont l’étude a livré des résultats totalement inédits sur le comportement des Homo erectus vieux de 160 000 ans !

L'outillage lithique
L'épaisseur des dépôts accumulés dans la grotte du Lazaret permet de suivre sur 100 000 ans, non seulement l'évolution des faunes et l'évolution des climats, mais aussi une évolution culturelle qui se manifeste par la présence de nombreux bifaces dans les ensembles inférieurs (culture de l’Acheuléen) et l'apparition d'une industrie sans biface et riche en racloirs dans l'ensemble supérieur (évolution vers une industrie moustérienne). Les gros outils, choppers, chopping-tools et bifaces sont, pour la plupart, en calcaire marneux et exceptionnellement en quartz ou en silex. Les bifaces peuvent être taillés sur toute leur surface et toute leur périphérie, parfaitement symétriques, ou plus simplement taillés, avec une base réservée en cortex. Les petits outils, dominés par les racloirs, sont le plus souvent en quartzite, rarement en rhyolite.
Renseignements pratiques

Laboratoire départemental de Préhistoire du Lazaret
33 bis avenue Franck Pilatte
06300 NICE

https://lazaret.departement06.fr/grotte-du-lazaret-9179.html