L'église Notre-Dame-de-L’Assomption, Saint-Martin-Vésubie

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Les nombreuses églises de la Vésubie affirment la présence du sacré dans cette vallée et proposent un ensemble roman, gothique et baroque, du XIVe au XVIIIe siècle. L'église Notre Dame de l'Assomption à Saint-Martin-Vésubie en est un exemple remarquable.

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Présentation

Saint-Martin-Vésubie au Moyen Âge était une place importante commandant le col de Fenestre, passage obligé de la route du sel qui permettait le transit entre le Piémont et Nice avec son port.

Les moines de l’abbaye bénédictine de Saint-Dalmas de Pédona (Borgo San Dalmazzo) installent un prieuré à la Madone-de-Fenestre.

La Madone de Fenestre

Sur la chaîne frontière entre la France et l'Italie, le sanctuaire de la Madone-de-Fenestre est situé  à 1904 m d'altitude, entouré de montagnes dont le plus haut sommet des Alpes-Maritimes, le mont Gélas (3143 m). Le sanctuaire est connu dès le XIIIe siècle, mais il semble plus ancien.

Selon la légende, la Madone serait apparue à plusieurs reprises dans la trouée "Caïre de la Madone", une roche située entre les sommets derrière le sanctuaire, site magique et lieu de miracles. Notre-Dame-de-Fenestre est vénérée par les populations du pays et du Piémont lors de processions le 15 août et le 8 septembre, où une statue polychrome du XIVe siècle en cèdre du Liban est portée, en procession, l’été au sanctuaire et l'hiver à Saint-Martin-Vésubie.

Un ensemble de jalons religieux

Les nombreuses églises de la Vésubie affirment la présence du sacré dans la Vésubie et proposent un ensemble roman, gothique et baroque, du XIVe au XVIIIe siècle.

Les sanctuaires de Laghet près de Nice, de la Madone des Miracles à Utelle et de Fenestre à Saint-Martin-Vésubie font partie de la trilogie consacrée à la Vierge Marie dans l'ancien comté de Nice ; ils accueillent public et processions. Une cinquantaine de chapelles jalonne les villages de la Vésubie ; elles protègent des dangers et sont l’expression de croyances populaires rurales et alpines. Elles rappellent l'importance des communautés médiévales et des anciens sites d'habitats d’avant le XIIIe siècle. Chaque village possède sa chapelle de pénitents blancs ou noirs, confréries essentielles dans l’organisation et la hiérarchie sociale des communautés villageoises.

Saint-Martin-Vésubie dans l’histoire

Saint-Martin-Vésubie est un village de montagne d’origine médiévale.

Le site de Saint-Martin est occupé avant notre ère, puis c’est un lieu d’échange entre la Gaule et la Provincia Romana. A l’époque médiévale, de grandes familles féodales dominent la haute Vésubie ; le site appartient à certains de ces seigneurs (XIe siècle)  puis au Comte de Provence (XIIIe siècle) qui, par le Col de Fenestre, guerroie contre le Piémont. Dans les textes anciens, le village est appelé Saint-Martin-Lantosque (jusqu'en 1889). Au Moyen Âge, Saint-Martin est dotée d'un consulat.

Le 25 janvier 1470, un incendie détruit en partie le village, les entrepôts de marchandises et les fabriques de draps. En 1388, c’est la dédition à la Savoie. Du XVe au XVIIIe siècle Saint-Martin prospère grâce à sa position géographique sur la route reliant Nice au Piémont. Pendant la Révolution française le village est un lieu de garnison. En 1814, c’est le retour sous la protection du roi de Sardaigne. En 1860, l’annexion à la France est votée avec joie par la population lors d’un plébiscite. Le village perd une partie de son territoire (la Madone de Fenestre) qui devient italien et qui ne lui reviendra qu'en 1947 avec le traité de Paris.

Saint-Martin, la « Suisse Niçoise », devient un lieu de villégiature internationale.

Pendant la seconde guerre mondiale, les Alpes-Maritimes sont occupées par l’armée italienne le 11 novembre 1942 et la zone d'occupation devient un refuge pour des milliers de Juifs. En mars 1943, ils sont transportés dans la zone de Saint-Martin-Vésubie.

En septembre 1943, sous la menace des autorités allemandes, un millier de Juifs de Saint-Martin-Vésubie réussit à passer en Italie, par la Montagne. Les Juifs restés à Saint-Martin-Vésubie sont arrêtés et déportés à Auschwitz.
De nos jours, Saint-Martin reste un lieu de séjour estival apprécié.

Le village médiéval

Saint-Martin-Vésubie possède un important patrimoine religieux : église paroissiale et patrimoine des confréries de pénitents noirs et blancs.

En parcourant le village, on découvre :

  • Des vestiges des remparts du XIVe siècle, dont la porte Sainte-Anne.
  • Un petit canal de 1411 servant à irriguer des terrains au milieu de la « rue Droite».
  • L’église Notre-Dame de l’Assomption et Saint-Martin, 1694.
  • La Chapelle Sainte-Croix (des Pénitents Blancs), fin XVIIe.
  • La chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde (des Pénitents Noirs), (XVIIIe et XIXe),
  • Le Palais des Gubernatis (XVIe)
  • L’Hôtel de ville et la place Félix Faure (1863)

A l'extérieur du village, les ruines du prieuré de Saint-Nicolas-d'Andobio sont la trace la plus ancienne d’un édifice religieux à Saint-Martin-Vésubie (1439).

L’extérieur de la paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption-et-Saint-Martin
L’église paroissiale de Saint-Martin est un vaste édifice à trois nefs, de plan barlong.  Des pilastres à chapiteaux ioniques, caractéristiques de l’ « ordre colossal », rythment d’un seul élan l’ensemble de la façade. Un seul étage monumental remplace ici la division habituelle en deux étages issue des modèles romains, reprise à Nice par le Gésù et la cathédrale. Un large fronton curviligne accoté de volutes porte en son centre un médaillon circulaire à l’effigie de Saint Martin, patron de la communauté. Il anime l’espace central, avec l’oculus et le portail. Celui-ci est surmonté d’une simple architrave sur consoles et d’un fronton en arc surbaissé. De hautes baies s’ouvrent sur les collatéraux. S’ajoutent des massifs correspondant aux chapelles latérales. Dans son état actuel, l’église date de 1694, comme l’indique la date sculptée en hauteur à gauche du parvis. C’est donc dans la dernière décennie du XVIIe siècle qu’un édifice antérieur, datant probablement du XVIe siècle, a été complètement transformé. La date supposée d’achèvement place cette église dans la période de reconstruction de nombre de paroissiales dans les vallées niçoises, mais un petit nombre seulement a un aspect aussi monumental. La façade a été modifiée au XIXe siècle.
L’intérieur de la paroissiale Notre-Dame-de-l’Assomption-et-Saint-Martin

A l’intérieur, la nef et les collatéraux développent quatre travées auxquelles s’ajoutent les deux travées du chœur. Le chevet est plat.  Au-dessus de la nef et du chœur, une corniche en stuc, enserrant une architrave, soutient une voûte d’arêtes renforcée par de larges doubleaux. S’y ouvrent des baies rectangulaires permettant de canaliser la lumière (elles ne sont fonctionnelles que du côté sud). Les collatéraux ont le même couvrement. En revanche, le chœur est surmonté d’un berceau surbaissé à pénétrations. Sacrifié à la monumentalité, le décor architectural baroque se réduit aux chapiteaux corinthiens de fantaisie qui coiffent les pilastres simplement adossés aux piliers. Ils reçoivent les doubleaux et soulignent la division en travées dont ils accentuent le rythme. L’ensemble des parties hautes de l’église, nef, collatéraux, chapelles latérales, est recouvert d’un badigeon bleu pâle orné de motifs géométriques rudimentaires. La réalisation en est récente (XXe s.). Par opposition, sur le chœur, gypseries et stucs forment des arabesques peuplées de putti.

L’église compte plusieurs objets mobiliers remarquables. Le chevet de l’ancienne chapelle de la famille De Gubernatis est entièrement occupé par un monumental retable du Rosaire datant de 1697. Deux toiles sont des copies de chefs-d’œuvre de célébrités italiennes. C’est d’abord la Fuite en Egypte , conservée dans la chapelle du collatéral droit qui précède le chœur, et la  Mort de St Joseph , dans la deuxième chapelle du même collatéral.

Deux autres chapelles à Saint-Martin-Vésubie

La chapelle Sainte-Croix ou chapelle des pénitents blancs

Dès la fin du XVIIe siècle, elle présente un clocher carré surmonté d’un bulbe argenté et la façade trois bas-reliefs de 1847 dédiés à la Croix. A l’intérieur, de grands tableaux de la Passion du XIXe siècle complètent un ensemble d’une grande unité.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde ou chapelle des Pénitents noirs

Avec son clocheton à une arcade, il faut remarquer le chœur constitué d’un ensemble de hauts reliefs en stuc, et la peinture du maître-autel représentant le martyre de saint Jean-Baptiste , du XVIIe siècle.

Informations pratiques

http://www.saintmartinvesubie.fr

et

Musée du Patrimoine et du Haut Pays Niçois-Association Montagne et Patrimoine
Musée : Zone Artisanale du Pra d'Agout
06450 Saint Martin Vésubie

http://amontcev.free.fr/