Le Palais Lascaris, Nice

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Le Palais Lascaris est une ancienne demeure aristocratique, située au cœur de la vieille ville niçoise. Classé au titre des Monuments Historiques depuis 1946, le palais Lascaris est un exemple brillant de l’architecture civile à l’époque baroque. Transformé en musée à partir de 1963, il abrite une des plus importantes collections d’instruments de musique anciens de France.

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Histoire et implantation 
Le palais fut édifié au milieu du XVIIe siècle, pour Jean-Baptiste Lascaris-Vintimille, seigneur de Castellar, maréchal de camp du Duc Charles-Emmanuel II de Savoie et neveu de Frà Jean-Paul Lascaris, Grand Maître de l’Ordre de Malte et descendant de la dynastie impériale byzantine des Lascaris. Le palais est implanté dans la partie la plus ancienne de la vieille ville, dont la grande densité de son tissu urbain est  caractéristique des cités médiévales. 
L’extérieur du palais

 

Le palais se compose de deux corps de bâtiments parallèles, donnant chacun sur la rue Droite, ancienne artère principale de la vieille ville, et la rue Benoit Bunico.

Même si elle ne bénéficie pas de dégagement, la façade principale, située sur la rue Droite,  se distingue, par son riche décor et son agencement architectural, des autres façades voisines, plus modestes. Sa composition et son organisation reflètent la hiérarchie des espaces intérieurs : au 2e étage, l’enfilade de hautes fenêtres richement décorées et les balcons de marbre ornés de faunes grimaçants annoncent l’étage « noble » du palais. La façade est représentative de l’influence du style baroque tardif que l’on retrouve dans l’architecture aristocratique de l’Italie du Nord, en particulier à Gênes et à Turin.

La seconde façade située sur la rue Benoit Bunico, qui offre plus de simplicité et de sobriété, permet de découvrir et de mieux comprendre la conception complexe du palais. En effet, celui-ci a été construit à partir de six maisons contigües. Ces structures préexistantes ont été conservées et englobées dans l’édification du palais aux alentours de 1648 ou 1649.

L’intérieur du palais 

A l’intérieur, le grand vestibule d’entrée, voûté en arêtes, est décoré de motifs ornementaux qui se déploient autour d’un grand cartouche figurant les armoiries de la famille Lascaris Vintimille avec leur devise « nec me fulgura » : rien ne me foudroie.

Les bâtiments s’ordonnent autour de deux petites cours intérieures sur lesquelles s’ouvre, par des baies cintrées, un escalier monumental. Celui-ci, structuré en plusieurs volées séparées par des paliers, se caractérise par un effet de théâtralité offrant des ruptures de rythmes dans la progression du visiteur, qui peut ainsi découvrir les multiples perspectives offertes par cet espace complexe. Des statues de marbre et des bustes à « l’antique » ont été placés dans des niches aménagées. 

L’étage noble

Après un premier étage autrefois réservé aux pièces de service, on accède à l’étage noble. Comme dans la plupart des palais aristocratiques génois1, les appartements de « représentation » ont été aménagés au second étage, ou « étage noble », qui s’articule autour des deux ailes du palais. A gauche du palier se trouvent les appartements de réception, à droite les appartements privés.

Les salles composant ces appartements conservent leurs décors plafonnant d’origine. L’exécution de ces plafonds entièrement peints à la fresque et représentant des thèmes mythologiques, date vraisemblablement de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Sur le plafond du grand salon donnant sur la rue Droite est représenté le mythe de Phaéton. La scène, qui occupe largement le centre du plafond, se résume à la figuration de l’épisode final du mythe, où Phaéton meurt foudroyé par Jupiter pour avoir perdu le contrôle du char de son père, Hélios, le dieu Soleil2.

L’esprit baroque du palais se concentre dans la chambre d’apparat, qui donne elle aussi sur la rue Droite. Le nom donné à cette chambre indique en effet une recherche de décorum et de théâtralisation. La chambre est séparée de son alcôve par une grande cloison vitrée. Sa triple arcade, ornée de statues de Cariatides et d’Atlantes en stuc, prend la forme d’un arc de triomphe.

 Tout en conservant ces décors plafonnant du XVIIe siècle, des embellissements et modifications plus tardifs ont été entrepris dans l’ensemble des salles durant le XVIIIe siècle sous l’influence du style rococo, dont il reste d’intéressantes boiseries moulurées.

[1] Entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle la République de Gênes met en place le système des palais des Rolli. Les palais des Rolli étaient des résidences privées construites par les familles les plus puissantes et les plus riches de Gênes, avec des plans de construction établis sous la supervision de l’autorité publique. Cet ensemble constitue le premier exemple en Europe d’un projet de développement urbain dans un cadre unitaire. Ces palais avaient pour obligation d’accueillir et d’héberger les visiteurs d’État, ce qui contribua à la propagation et à la diffusion de la connaissance d’un modèle architectural et d’une culture résidentielle dans toute l’Europe. 

[2] Les attributions successives de ce plafond à Giovanni Battista Carlone de Gênes et à Giovanni Battista Merano ont été discutées et remises en cause. On s’accorde cependant sur le fait que cette décoration a été réalisée par des artistes anonymes de l’école génoise vers la fin du XVIIe siècle ou le début du XVIIIe siècle. 

Les collections du Palais 

 

Le palais demeura la propriété de la famille Lascaris-Vintimille jusqu’à la Révolution. Mis en vente en 1801, il subit d’importantes dégradations.

En 1942, la Ville de Nice en fait l’acquisition afin d’y créer un musée, consacré aux arts et traditions populaires régionaux.

Des travaux de réhabilitation débutent en 1963 et s’achèvent en 1970, année de l’ouverture définitive du musée au public. Les collections du musée, constituées à partir de 1964, étaient également destinées au ré-ameublement des salles de l’étage noble. Ainsi, les salons ont retrouvé un ameublement d’époque provenant des collections des musées de Nice, de donations et d’acquisitions grâce à l’aide du Fonds Régional d’Acquisition des Musées.  

En 1995, il a été décidé de modifier la mission du musée, en l’adaptant davantage à sa vocation originelle. Les collections des XVIIe et XVIIIe siècles en provenance des musées Masséna et des Beaux-Arts furent transférées ; portraits, faïences, arts décoratifs et religieux, ainsi qu’une importante collection d’instruments de musique anciens, constituent désormais la collection permanente du Palais Lascaris. 

Le baroque civil 

Le palais Lascaris constitue, avec la douzaine d’édifices religieux situés dans son entourage géographique proche1, un ensemble remarquable et représentatif des différentes phases successives de l’évolution de l’architecture baroque, du début du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Le baroque niçois, très marqué par la proximité avec l’Italie, témoigne de l’empreinte plus spécifique des influences artistiques venues de Gênes et de Turin, cette dernière étant la capitale du Duché de Savoie, puis du royaume de Sardaigne auxquels appartiendra la ville de Nice jusqu’en 1860, date du rattachement de Nice à la France.

Le palais Lascaris constitue un témoignage exceptionnel du baroque civil à Nice. Son architecture comme sa décoration présentent de nombreuses analogies avec les demeures aristocratiques de la côte ligurienne édifiées à la fin du XVIe siècle et au cours du XVIIe siècle.

Dans le vieux Nice, les autres palais, pour la plupart inaccessibles pour le visiteur, présentent dans l’ensemble un aspect plus modeste, malgré des caractéristiques très proches. Les exemples d’architectures se limitent souvent au couloir et à la cage d’escalier à colonnes et à voûtes d’arêtes, voire à quelques décors de stuc.

Les constructions majeures, comme le palais Ducal dit palais Sarde, ou l’ancien palais communal de la place Saint-François, ont subi de profondes transformations à diverses époques et représentent des témoignages incomplets du baroque civil niçois.

Le cycle décoratif du palais Lascaris, qui conserve sept plafonds peints et la quasi totalité des voûtes du vestibule d’entrée et de la cage d’escalier, est exceptionnel à Nice et dans sa région pour l’illustration de l’art pictural du XVIIe siècle, et pour le témoignage éloquent qu’il donne de l’influence de la culture génoise dans les Alpes-Maritimes à cette époque.

[1] Parmi ces édifices baroques : La cathédrale Sainte Réparate, la chapelle de la Miséricorde, la chapelle du Saint-Suaire, ou encore l’église du Jésus.

Liens et bibliographie
 http://www.nice.fr/fr/culture/musees-et-galeries/palais-lascaris-le-palais?lang=fr
Renseignements pratiques 

15 rue Droite (vieux Nice) 06364 Nice cedex 4
Entrée gratuite, tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h 

Contact: 

@ : palais.lascaris@ville-nice.fr
Accueil : 04 93 62 72 40
Conservation : 04 93 62 72 47
Centre de documentation : 04 93 62 72 48 (ouvert sur rdv de 10h à 17h)