Le Musée d'Archéologie, Antibes

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Crée en 1963, le Musée d’Archéologie d’Antibes est installé au Bastion Saint-André, fortification militaire construite par Vauban à la fin du XVIIe siècle.
Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1930, le bastion, constitué de deux galeries voûtées en brique, récemment réaménagées, abritent les collections du musée qui permettent de retracer l’histoire d’Antibes durant l’Antiquité. 

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Aux origines du musée

Dès le XVIe siècle, François Ier se rend à Antibes pour y admirer les premières découvertes archéologiques, notamment plusieurs inscriptions gallo-romaines, dont la stèle dite de l’Enfant Septentrion ; mais ce n’est qu’au début du XXe siècle que l’historien, Romuald Dor de la Souchère entreprend de collecter vestiges et pièces se rapportant à l’histoire de la ville.

Professeur au lycée Carnot à Cannes et helléniste de formation, Romuald Dor de la Souchère entame à partir de 1923, des recherches archéologiques à Antibes ; il découvre l’importance des vestiges de l’occupation gréco-romaine dans la région et crée, en 1924, la Société des Amis du musée d’Antibes sous le nom « Groupe ligurien d’Études historiques et archéologiques » dont l’objectif est de fonder un musée historique et archéologique. Il commence à rassembler de nombreuses pièces et objets se rapportant à la période antique d’Antibes.

En 1928, le premier musée d’histoire est créé au sein du château Grimaldi où sont rassemblés des objets archéologiques provenant de fouilles de la région,  ou encore de nombreux moulages ainsi qu’une importante documentation.

À partir des années 1960, avec le développement de l’archéologie sous-marine et la découverte de nombreuses épaves, et face au nombre croissant de nouvelles pièces archéologiques, la ville d’Antibes décide de créer un lieu exclusivement dédié aux collections archéologiques. Celles-ci sont alors transférées au Bastion Saint-André.

Le Bastion Saint-André

Protégeant Antibes, alors ville frontière entre le royaume de France et le Comté de Nice, le Bastion Saint-André intégré aux fortifications, constitue l’un des principaux éléments du système de défense dont la ville se dote à la fin du XVIIe siècle, sous l’impulsion de Vauban et de l’ingénieur Antoine Niquet.

Le bastion, se situant à l’extrémité sud des remparts, constitue avec le Fort Carré, les derniers ouvrages militaires ayant accueilli les troupes françaises à partir du XVIIe siècle.

Il témoigne de la vie quotidienne de garnison ; sa fonction était avant tout vitale. Il abritait la boulangerie, dotée d’un impressionnant four à pain construit dans l’épaisseur des murs,  servant à alimenter la garnison ; la terrasse recueillait l’eau de pluie dans une citerne creusée sous le bâtiment à même le rocher, enfin, les deux grandes galeries, permettaient d’assurer le couchage des hommes et le stockage des produits de première nécessité.

Transformé par la suite en écurie, puis en entrepôt, il servira encore pendant la seconde guerre mondiale de dépôt temporaire de munitions pour les occupants, avant de devenir le lieu dédié à l’archéologie d’Antibes.

Inauguré en juin 1963, le musée rassemble des objets et vestiges issus des fouilles terrestres et sous-marines de la région qui retracent l’histoire d’Antipolis, essentiellement de la période gallo-romaine,  depuis le VIIe siècle avant J.-C. jusqu’au Ve siècle après J.-C. 

La fondation d’Antipolis

Des traces d'occupation remontant au premier âge du Fer ont été identifiées dans différents secteurs de la ville. Sous la chapelle Saint-Esprit ont été mises au jour les restes d'habitat en terre crue. Le rocher d'Antibes semble indéniablement être à cette période le siège d'une communauté indigène entretenant des liens avec les populations méditerranéennes, notamment les Étrusques, comme le montre la présence de nombreuses amphores retrouvées dans l'épave de la Love au large d'Antibes.

Le nom d’Antipolis, la « ville d’en face », n’est attesté qu’au IIe siècle avant J.-C., mais le rayonnement de la cité comme pôle grec dans la région est bien établi avant cette période, le site connaît, en effet, un essor important au Ve siècle avant J.-C., lorsqu’il devient une colonie de la grande cité grecque Massalia.

Au début du IIe siècle av. J.-C., les tribus ligures de la région lancent des attaques répétées contre Antipolis et Nikaïa. Les Grecs de Marseille font alors appel à Rome. En -154, le consul Quintus Opimius défait les tribus ligures.

Les territoires « conquis » par les Romains sur les populations indigènes sont donnés aux Phocéens et administrés par l'intermédiaire de ses colonies, Antipolis et Nikaïa jusqu'en -49. En effet, Marseille ayant pris le parti de Pompée, César victorieux lui enlève ses colonies.

Au Ier siècle avant J.-C., Antipolis acquiert le statut de cité de droit latin, puis intègre la Gaule Narbonnaise. 

Les collections du musée

Le parcours du musée débute aux origines de la ville, oppidum ligure, puis colonie massaliote. Le visiteur peut ainsi découvrir le célèbre galet de Terpon, la plus ancienne inscription d’Antibes, ainsi que de nombreuses céramiques indigènes, grecques ou étrusques. Ces céramiques, retrouvées dans les fouilles du vieil Antibes, permettent d’évoquer les séries de vases peints, témoins des échanges commerciaux entre les différents peuples du monde méditerranéen.

À partir des années 1960, le développement des techniques de fouilles sous-marines permit de découvrir de nombreux objets et vestiges dont beaucoup intégrèrent le musée. Les épaves et leurs chargements retrouvés au large des côtes d’Antibes ainsi que le mobilier retrouvé dans l’anse Saint-Roch, attestent du rôle de la cité dans le développement des liens commerciaux ; en effet sa situation privilégiée en fit rapidement un port de commerce florissant, siège d’un trafic maritime intense. 

En 2012, une campagne de fouilles archéologique à l’emplacement d’un futur parc de stationnement du Pré-aux-pêcheurs a permis de découvrir les vestiges d’un bassin portuaire antique qui s’est progressivement ensablé. Plusieurs milliers d’objets ont pu être exhumés,  dont une épave romaine de 20 mètres de long, vaisseau romain qui transportait des denrées entre le IIe et le IIIe siècle. Ces découvertes nous renseignent ainsi sur les activités et la topographie du port antique.

Tombes, sarcophages, urnes et stèles funéraires révèlent ensuite les différentes pratiques et cultes liés au monde des morts. La stèle de L’enfant-danseur Septentrion, signalée dès 1557, est la plus célèbre des inscriptions d’Antibes. Plusieurs tombes à incinérations proviennent de fouilles réalisées à Vaugrenier ; ces tombes se situaient parfois le long des routes avec des sépultures monumentales, tel que le Mausolée de Vallauris. Les pierres de taille qui composaient le monument se trouvent dans le jardin du Musée archéologique d'Antibes, où elles ont été transportées pour être mises à l’abri.

Le parcours se poursuit avec l’évocation du cadre urbain de la cité : des mosaïques, des enduits peints ainsi qu’une fontaine monumentale en marbre restituent le décor des habitats et des monuments publics. Un grand nombre d’objets témoignent de la vie quotidienne des habitants d’Antibes il y a 2000 ans. La reconstitution d’une toiture en tuiles permet d’aborder de manière concrète l’architecture privée.

Enfin, les faubourgs de la ville sont également évoqués avec les vestiges d'une agglomération secondaire découverte à Vaugrenier datant de la fin du Ier siècle avant notre ère, située le long de la Via Aurélia. Le long de la voie, se trouvaient un vaste temple reconstitué par une maquette ainsi que de nombreuses boutiques et ateliers d’où proviennent des éléments d’artisanats

Informations pratiques 

Bastion Saint-André06600 Antibes

Tél. : 04 93 95 85 98


https://www.antibes-juanlespins.com/culture/musee-d-archeologie

Parking conseillé : port Vauban

Tarifs : de 3€ à 1,5€

Horaires : Ouvert tous les jours sauf les lundis
Fermé le 1er janvier, le 1er mai, les 1er, 2 et 3 novembre et le 25 décembre
16 septembre - 14 juin : 10 h - 13 h / 14 h - 17 h
15 juin - 15 septembre : 10 h - 12 h / 14 h – 18 h