Le Musée International de la Parfumerie, Grasse

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Créé en 1989 le Musée International de la Parfumerie, permet au visiteur de découvrir au travers d’une collection exceptionnelle, l’histoire du parfum de l’Antiquité à nos jours.Le musée se situe à Grasse, ville qui occupe une place primordiale dans le développement de la parfumerie contemporaine et de l’industrie de luxe du parfum depuis plus de deux siècles. 

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Les origines de la parfumerie à Grasse
Grasse est l’héritière d’une tradition commerçante et industrielle remontant au Moyen-Âge. Dès le XIIe siècle, le tannage devient l’une des activités principales de la ville. Grâce à la pureté de ses eaux de sources et de ses herbes aromatiques sauvages, la ville est renommée pour sa tannerie de très grande qualité.
Cette activité va progressivement s’orienter vers la fabrication de gants parfumés, une mode qui se développe à partir de la Renaissance en provenance d’Italie. Les gants et autres accessoires comme les ceintures, sacs, sont non seulement parfumés par coquetterie mais aussi pour se débarrasser de l’odeur tenace du cuir et autres peaux tannées. Cette activité est à l’origine de l’essor de la parfumerie à Grasse.
Le succès des cuirs parfumés va en effet permettre à partir du XVIIe siècle, le développement remarquable des cultures florales et grandes plantations, favorisées par un microclimat idéalement doux et un ensoleillement nécessaire à la bonne croissance des fleurs.
Les trois plantes majeures cultivées à cette époque sont le jasmin, venu des Indes, la Rose Centifolia et la tubéreuse importée d’Italie.
Progressivement l’activité de la parfumerie va se développer au profit de celle de la ganterie et de la tannerie.
Ainsi, à partir du XVIIIe siècle, la culture des plantes à parfums s’intensifie dans la région grassoise ; les techniques de production et de fabrication se modernisent ; les premières parfumeries industrielles voient le jour au court du XIXe siècle, comme celle fondée par Antoine Chiris, précurseur de l’industrie du parfum à Grasse. L’importation de fleurs à Grasse durant le XXe siècle ainsi que l’essor scientifique permettant la fabrication synthétique de parfums, offrent à Grasse l’image de Capitale mondiale du parfum.
Durant les années 1960 et 1970 de grands groupes internationaux rachètent progressivement les usines locales familiales.
Aujourd’hui, même si la parfumerie demeure encore le principal pôle industriel de Grasse, la situation a considérablement évolué. Les industriels grassois ont adapté et élargi leur activité notamment vers la production d’arômes destinés aux industries alimentaires. 
La création du musée

L’idée de créer un musée dédié au parfum voit le jour au tout début du XXe siècle. En effet, François Carnot, fondateur du musée Fragonard à Grasse, actuel musée d’Arts et d’Histoire de Provence, souhaitait déjà y présenter une collection dédiée à la parfumerie sous toutes ses formes. Le projet, mis en sommeil pendant près de soixante ans fut relancé au cours des années 1980.

Inauguré en 1989, le musée International de la parfumerie occupe le site de l’ancienne parfumerie Hugues-Ainé dont subsiste le pavillon d’entrée à l’étroite façade de style néoclassique, ainsi que les vestiges de l’ancien couvent des Dominicains édifié au XIVe siècle, adossé au rempart médiéval de la ville. 

Le nouveau MIP
Les travaux initiés en 2006 ont permis au musée de doubler sa surface d’exposition grâce à l’annexion des bâtiments mitoyens. Le projet de rénovation et d’extension du musée a été confié à l’architecte Frédéric Jung. Le projet architectural est ambitieux :  révélation de la fortification par le biais d’une faille dégageant les plateaux d’exposition et les circulations, création d’une nef vitrée protégeant l’axe de la fortification, reconstruction de l’ancien immeuble Pélissier, aménagements extérieurs avec des jardins et terrasses...
Le musée ré-ouvert en 2008 offre désormais au visiteur un espace de près de 3500mavec son jardin, ses serres et terrasses dans un cadre d’exception.
Le musée retrace l’histoire du parfum mais aussi des savons, fards et autres cosmétiques, au cours des différentes époques : Antiquité, Moyen Âge, périodes Moderne et Contemporaine.
Par une approche anthropologique, mais aussi scientifique et culturelle, le musée permet de découvrir l’histoire du parfum sous ses multiples aspects, fabrication, design, usages…
Les collections comptent environ 50 000 objets très divers. Ils sont le témoignage de différentes civilisations et de leur utilisation des odeurs. Que ce soit à des fins religieuses, thérapeutiques ou de séduction, le parfum s’avère être un révélateur d’identité.
En 2010 « Les jardins du MIP », nouveau lieu associé au Musée International de la Parfumerie ouvrent leurs portes. Ces jardins sont devenus le conservatoire des plantes à parfum du musée, véritable parcours olfactif témoignant de la diversité des espèces végétales cultivées pour la parfumerie. 
Une histoire du parfum

Le mot « parfum » trouverait son origine du latin « par fumus » qui signifie « par la fumée ». Les historiens situent le berceau de la parfumerie en Orient. Les premiers vestiges de vases à parfums ont été découverts en Mésopotamie et remonteraient à près de 7 000 ans, cependant les découvertes archéologiques démontrent le rôle majeur de l’Egypte antique dans le développement du parfum.

Même si l’élite égyptienne employait des préparations parfumées pour l’hygiène personnelle, les produits parfumés et matières odorantes étaient généralement réservés aux usages religieux ou mystiques. L’encens était produit à partir de fleurs comme le lotus bleu ou l’iris, ou de résines comme la térébenthine, extraite du pistachier ou la myrrhe issue du balsamier. Le « Kyphi » qui servait à honorer les dieux était le parfum le plus célèbre de l’Egypte antique.

Le rite de l’embaumement nécessitait également des quantités importantes d’onguents et huiles diverses.  Les matières premières étaient alors importées des contrées du Moyen-Orient, d’Inde et de Méditerranée.

Grâce aux échanges commerciaux entre les peuples de l’Antiquité, la science et l’usage des parfums se propagent en Grèce. L’usage profane se développe progressivement, notamment pour la médecine et l’hygiène corporelle.  C’est à la Grèce Antique que nous pouvons attribuer la création de parfums liquides, il s’agissait plus exactement de  préparations issues de mélanges d’huiles et d’herbes ou pétales utilisées en friction sur le corps.

Les Romains continueront eux aussi à utiliser les parfums sans grande innovation toutefois, si ce n’est le remplacement de la terre cuite par le verre pour les flacons. Plus léger, le verre facilitera transport et commerce.

Durant le Moyen Âge,  l’adoption du christianisme interdit l’usage profane des parfums. Les produits parfumés sont utilisés lors de cérémonies ou rites religieux. Dans cette grande période d’épidémies, ils vont également servir à purifier l’air ou à couvrir les odeurs pestilentielles. Dans les couvents apparaissent alors les jardins de « simples » où l’on fait pousser des plantes aromatiques et médicinales dont les vertus sont déterminées en fonction de leurs formes et couleurs.
C’est également durant le Moyen Âge que les Arabes découvrent la distillation et inventent l’alambic.

La Renaissance va apporter d’importantes innovations et améliorations : découverte de la distillation à froid et de l’alcool éthylique qui remplacera les graisses. L’invention de l’imprimerie permettra quant à elle de faciliter la circulation d’ouvrages techniques.
La société de la Renaissance a alors recours aux parfums pour camoufler les odeurs corporelles afin de palier le manque d’hygiène de l’époque, l’eau étant perçue comme un facteur de contagion des épidémies.
Autour de 1530, sous l’influence de Catherine de Médicis, se développe la mode des cuirs parfumés, qui feront la fortune de Grasse. C’est de la corporation des Maitres-gantiers que naitra celle des parfumeurs.

Sous Louis XV puis Napoléon, l’eau de Cologne fait fureur, celle-ci est prescrite par les médecins comme une lotion, réputée thérapeutique.

Le XIXe siècle voit l’arrivée des premiers produits de synthèse, Aimé Guerlain crée l’évènement en 1889 avec Jicky le premier parfum à base de produits de synthèse et d’essences naturelles. Les grandes dynasties de parfumeurs s’implantent ; les flacons  sont de plus en plus prestigieux ; les couturiers lancent leur propre parfum (Paul Poiret, Chanel, Lanvin…) ;l’essor industriel et publicitaire démocratisent la parfumerie. L’ère de la parfumerie moderne est née. 

Renseignements pratiques 

Musée International de la Parfumerie
2 Boulevard du Jeu de Ballon, 06130 Grasse
Tél. +33 (0) 4 97 05 58 00

http://www.museesdegrasse.com/mip/presentation

HORAIRES
Eté (Avril- Septembre) : 10h à 19h
Hiver (Oct - Mars) : 10h30 à 17h30 (Fermeture le mardi)
Fermetures annuelles : 1er Mai, 25 Décembre, 1er Janvier, 3 semaines en novembre (à partir du 11 Novembre)

TARIFS

Plein tarif : 4 € (6€ pendant exposition temporaire été)
1/2 tarif : étudiants de plus de 18 ans, groupes à partir de 10 personnes
Gratuité (sur justificatif) : - de 18 ans, chômeurs, handicapés, ICOM, le 1er dimanche de chaque mois (automne/hiver)