La musique baroque
dans le comté de Nice

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Étroitement liée à l’art, la musique baroque a connu son âge d’or au XVIIe et XVIIIe siècles. Elle a ressurgi dans la seconde moitié du XXe siècle au moment du grand retour aux interprétations « authentiques » des musiques des siècles passés.

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Extrait de Climène d’Albinoni avec Dominique Visse, contre-ténor (vocal).

06-10-2014
La musique baroque et sa diffusion dans le comté de Nice
© Lionel Bouffier

Ensemble Baroque de Nice

Musique baroque : nous appelons ainsi une période novatrice de l’histoire musicale, qui correspond à l’époque appelée de même baroque, s’étendant globalement depuis les dernières décennies du XVIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe siècle (Révolution française). Tout change alors : découverte des Amériques, naissance des États modernes, découvertes mathématiques, organisation des sociétés, invention de nouvelles architectures.

Nous connaissons tous de nombreux musiciens de ce temps : Monteverdi, Vivaldi, Haendel, Couperin, Bach, Jean-Sébastien Bach, Rameau…dont les œuvres demeurent toujours bien vivantes, car elles sont toujours inventives. La musique baroque invente en effet :

  • de nouvelles idées musicales sur l’harmonie et les couleurs sonores
  • de nouveaux sentiments, toujours plus expressifs
  • de nouvelles formes : le concerto, l’oratorio, l’opéra…
  • de nouveaux instruments ou l’évolution des anciens instruments : le violon, l’orgue, le clavecin, la viole, les luths, la guitare, pour de nouveaux timbres et une nouvelle virtuosité.

Les Alpes-Maritimes ont pratiqué très tôt cette nouvelle musique. C’est à Nice, en 1538, à l’occasion de la rencontre entre le pape Paul III, l’empereur Charles-Quint et François Ier, roi de France, qu’apparaît pour la première fois dans l’histoire de la musique le terme de violino (violon). Deux princes de Monaco se révélèrent ensuite particulièrement musiciens, pratiquant eux-mêmes cet art en famille : Honoré II et Antoine Ier. Ce dernier s’attacha pendant une quinzaine d’années les services d’un compositeur italien très renommé, Francesco Manfredini. On retient également le nom d’un compositeur monégasque de l’époque, Honoré Langlé (1741-1807).

Peu de compositeurs ont laissé leur nom à Nice si ce n’est Stefano Rossetti, compositeur niçois au XVIe siècle, dont un descendant fut peut-être Pietro Andrea, organiste du prince Honoré II de Monaco.

A Nice, la musique savante était pratiquée dans les églises mais  aussi, à partir du XVIIIe,  au Théâtre Maccarani, premier théâtre lyrique qui devint le Théâtre Royal à la fin du siècle.

Puis, au XVIIIe siècle, la musique baroque céda la place à l’art lyrique, genre nouveau qui, abandonnant les vocalises baroques des castrats dans l’ « opera seria », allait se tourner vers l’« opera buffa » puis le « bel canto ».

Son héritage dans les Alpes-Maritimes

Notre département conserve de nombreux témoignages de la musique baroque : partitions musicales, instruments de musique divers, un ensemble d’orgues particulièrement original en France. Il offre de nombreuses possibilités d’entendre et de pratiquer la musique baroque en amateur ou en professionnel.

 Manuscrits et partitions de musique, aperçus

Les bibliothèques de Nice conservent de belles éditions originales depuis le XVIIe siècle. Les manuscrits de musique sacrée traditionnelle abondent pour le comté de Nice, et transmettent souvent les œuvres de compositeurs baroques. A Nice, le couvent de Cimiez conserve ainsi une riche collection de manuscrits richement ornés d’enluminures baroques.

De nombreux manuscrits musicaux se trouvent également dans les vallées des Alpes-Maritimes. Il s’agit de musiques pour la messe et les fêtes religieuses. Leur répertoire vit encore au sein de quelques confréries de pénitents. Nous entendons ainsi l’héritage transmis de génération en génération et les nouveautés successives, mais sans aucune opposition entre des musiques très anciennes du Moyen Âge et les musiques modernes qui se succèdent.

Nous entendons ainsi aujourd’hui comment chantaient des temps fort anciens : la manière de "sortir" le son, de l’orner (bien des caractères se retrouvent par exemple dans le chant corse), de lui donner toute la variété des sentiments. Voici 3 exemples :

 Le Padre Illuminato

Les manuscrits des montagnes contiennent de nombreuses pièces d’un religieux franciscain piémontais, le Padre Illuminato, recopiés sur les grands livres de musique religieuse qu’il avait composés. Le Padre Illuminato écrit une musique plus naturelle, facile à chanter, riche de contrastes et d’expression.

 Le manuscrit de Joseph-Marie Audoli, vallée de la Tinée

Particulièrement précieux par son volume, sa richesse, la variété de ses musiques, ce manuscrit donne l’impressionnant répertoire en usage dans la vallée de la Tinée au XVIIIe siècle. Né le 23 janvier 1751 à Roubion, maître d’école dans son village natal en 1777, puis à Saint-Sauveur en 1783, curé de Roure de 1816 à 1830, Joseph-Marie Audoli s’éteint le 17 janvier 1846, sans avoir quitté les hautes vallées de la montagne. Lors de l’invasion du Comté par les troupes révolutionnaires françaises, il se retrouve chez les barbets, sorte d’équivalent des chouans pour la montagne niçoise.

 La Brigue

D’une grande variété, ce manuscrit contient de nombreuses pièces, dont certaines mentionnent l’accompagnement de l’orgue. Une étonnante messe utilise un procédé très simple pour donner aux trois voix une amplification sauvage, saisissante, expressive, en utilisant également des airs en solo copiés sur de grands compositeurs baroques.

Les orgues baroques du Comté de Nice

L’ensemble des orgues baroques des Alpes-Maritimes constitue un exceptionnel témoignage instrumental de la vie musicale de département. Le plus ancien orgue de Nice (1734), construit par de grands facteurs piémontais, se trouve aujourd’hui dans la chapelle de la Providence.

En 1789, le roi Victor-Amédée accorde à Honoré Grinda, Niçois formé sans doute à Turin, puis compagnon dans l’atelier des Isnard, son œuvre s’inscrivant ainsi dans la facture française, les titre et grade de facteur d’orgues, titre assorti de la mission de former des élèves dans la profession de facteurs d’orgues et de clavecins. Honoré Grinda, et son frère Antoine, également facteurs de pianoforte, se mettent rapidement au travail, construisant, de 1790 à 1793, trois instruments aujourd’hui restaurés, à Villefranche, L’Escarène, et Clans.

En 1829, le chroniqueur niçois Bonifassy nous apprend que les orgues se multiplient à furie. Le marché s’ouvre aux meilleurs facteurs d’Italie : les Agati, Serassi, Lingardi, auxquels nous devons entre autres les instruments de Tende, La Brigue, Saorge, Fontan, Sospel, Saint-Etienne de Tinée…

L’orgue représente un moyen de diffusion musicale qui, à chaque époque de l’histoire, s’adapte aisément à ce but par l’introduction de nouveaux timbres qui traduisent fidèlement les nouvelles formes d’expression.

 L’orgue à manivelle de Villars-sur-Var, vers 1812

Récemment restauré par le facteur d’orgues Alain Faye, l’orgue à manivelle de Villars, classé Monument Historique, s’impose par sa qualité, son ancienneté dans l’ensemble national des orgues à cylindres d’église, et la qualité de son auteur, Nicolas Lété, d’une célèbre famille de luthiers et facteurs d’orgues à Mirecourt, alors établi à Turin, dans le département du Pô.

Le répertoire noté sur les cylindres de Villars nous permet ainsi d’entendre l’interprétation des dernières musiques baroques : messe alternée avec l’orgue, rondeau, ouvertures d’opéras, danses telles le rigaudon, l’anglaise, la courante et la forlane.

Les collections d’instruments baroques

Nice détient la seconde collection française d’instruments de musique après le Musée de la Musique à Paris. Constituée en 1905 par le legs d’Antoine Gautier à sa ville natale, et enrichie par de nombreux dons, acquisitions ou dépôts, la collection se trouve présentée au Palais Lascaris. Parmi les instruments baroques, le visiteur découvrira la plus ancienne saqueboute complète actuellement connue, due au célèbre Anton Schnitzer (Nuremberg, 1581), une exceptionnelle collection de guitares : Giovanni Tesler (Ancône, 161), Jean Christophle (Avignon, 1645), René Voboam, fournisseur de la cour de Versailles (c.1650), une précieuse basse de viole de William Turner (Londres, 1652) et bien d’autres instruments remarquables : luths, vielles à roue, flûtes à bec etc..Certains instruments, comme la basse de viole de Turner, se trouvent régulièrement joués lors de rencontres musicales.

La conservation départementale du patrimoine a reçu la charge de la collection Tissier, propriété de l’Institut de France, dont le célèbre ensemble de 18 harpes permet de lire les grandes étapes de l’histoire de l’instrument du XVIIe au XXe siècle.

La pratique de la musique baroque aujourd’hui
Aujourd’hui, les Alpes-Maritimes se distinguent dans le mouvement de redécouverte de cet art. C’est en effet dans notre département qu’ont été créées l’Ensemble Baroque de Nice, dirigé par Gilbert Bezzina, dont les disques se sont vendus dans le monde entier, et la Société de musique ancienne de Nice. Il faut également citer les travaux musicologiques de la claveciniste niçoise Huguette Grémy-Chauliac, en matière de musique baroque, qui font autorité en France et à l’étranger, la  chaire danse baroque de l’Université de Nice, des classes de musique ancienne au conservatoire de Nice et à l’Académie Rainier III de Monaco, sans oublier les musiciens comme le célèbre organiste Olivier Vernet qui continue à faire rayonner internationalement la musique baroque dans les Alpes-Maritimes.
L’Ensemble baroque de Nice

 Les activités

L’Ensemble Baroque de Nice, créé en 1982, perpétue de manière spectaculaire la pratique de la musique baroque dans notre région, rayonnant en France et à l’étranger. Il a été créé et est dirigé par le violoniste Gilbert Bezzina, précurseur du renouveau du violon baroque en France.

L’Ensemble Baroque de Nice, très attaché au répertoire lyrique baroque, est à l’origine de re-créations mondiales parmi lesquelles: Dorilla in Tempe, L’Incoronazione di Dario et Rosmira fedele de Vivaldi, Telemaque de Scarlatti ou Teseo de Haendel, qui a fait l’objet d’une remarquable représentation sur la scène de l’opéra de Nice en 2007.

Les vingt enregistrements discographiques réalisés par l’Ensemble baroque de Nice, d’œuvres le plus souvent inédites (voir ci-dessous) ont été largement salués par la critique et ont été récompensés de « Diapasons d’Or » ou de Grand prix de l’Académie du Disque. Ces enregistrements sont diffusés dans le monde entier.

L’Ensemble baroque de Nice participe à des saisons de concerts régulières dans notre région (« Vieux Nice baroque en musique », « Baroquiales », etc.) mais aussi en Europe et dans le monde.

Gilbert Bezzina, directeur de l’Ensemble baroque de  Nice, a effectué ses études de violon au conservatoire de Nice. Après avoir joué dans l’orchestre de l’Opéra de Nice, dans les orchestres Colonne ou Pasdeloup à Paris ou l’Orchestre Gulbekian à Lisbonne, il s’est dirigé vers la musique ancienne. Basant son interprétation sur des recherches musicologiques personnelles, il fonde en 1965 la Société de Musique Ancienne de Nice. Il devient violon solo des deux célèbres orchestres parisiens de la « Grande Écurie » et la « Chambre du Roy », dirigés par Jean-Claude Malgoire.

 Les instruments de l’Ensemble baroque de Nice

L’Ensemble baroque de Nice pratique non seulement une interprétation authentique (basée sur les accentuations, phrasés, coups d’archets, nuances de l’époque) mais joue également sur des instruments anciens.

Violons : Les violons baroques diffèrent peu des violons modernes, à ceci près qu’ils sont dotés de cordes en boyaux. Les archets, eux, sont fort différents, plus courts, plus légers, en forme d’arc, effilés vers la pointe.

Violoncelle ou violes de gambe : Qu’ils soient violoncelles ou violes de gambe les instruments graves de la famille des cordes sont caractérisés par le fait qu’ils ne reposent pas par terre, étant tenus entre les jambes (d’où leur nom de viole de gambe).

Instruments à vent : Les flûtes, droites ou traversières, sont en bois et n’ont pas de « clés », accessoires apparus au XIXe siècle permettant de réaliser les notes plus facilement. De même, les cuivres (trompettes, cors) n’ont pas de pistons, mécanisme qui n’apparaîtra qu’au XIXe siècle.

Instruments à cordes pincées : Les luths, instruments à la caisse de résonnance en forme de poire, sont hérités de la Renaissance. Avec leurs manches démesurés, les spectaculaires archiluths ou théorbes permettent d’effectuer les notes graves.

Le clavecin : C’est l’instrument baroque par excellence, l’instrument à clavier qui précéda le piano. (Le piano sera en usage à la fin du XVIIIe, appelé « piano-forte » pour mettre en évidence la possibilité qu’il offrait d’effectuer des nuances « piano » et « forte » - possibilité que n’avait pas le clavecin).

L’orgue : l’orgue baroque est un instrument à tuyaux transportable, contrairement aux orgues qui, plus tard, seront installées à demeure sur les tribunes d’églises.

 Un patrimoine discographique

En vingt-cinq ans, l’Ensemble baroque de Nice a enregistré une vingtaine de disques, pour la plupart d’œuvres inédites, qui sont diffusés dans le monde entier et qui obtenu diverses récompenses.

Nous faisons l’inventaire de ceux qui présentaient des œuvres en création mondiale :

- L’ « Incoronazione di Dario » (« Le couronnement de Darius »), opéra de Vivaldi, avec les chanteurs John Elwes - Henri Ledroit - Gérard Lesne - Michel Verschaeve - Isabelle Poulenard - Agnès Mellon - Dominique Visse. (Disque Harmonia Mundi enregistré en 1986, réédité en 1997). Le premier événement discographique de l’Ensemble baroque de Nice fut réalisé en 1986, célébré à la une du journal le « Monde ». Il s’agissait du premier enregistrement mondial d’un opéra de Vivaldi, le « Couronnement de Darius ». L’opéra, datant de 1716, raconte l’histoire de Darius qui, selon l’oracle, succèdera au roi défunt Cyrus s’il sait plaire au cœur de Statira, la fille du roi défunt.

- « Climène » d’Albinoni, avec Isabelle Poulenard - Dominique Visse - John Elwes (Disque Accord enregistré en 1988, réédité en 2000). Composée en 1718 par l’auteur du célèbre « Adagio », « Climène » n’est pas à vraiment parler un opéra mais une cantate mise en scène à trois voix, appelée également « sérénade ».

- « La résurrection de Lazare », oratorio de Johann Christoph Friedrich Bach, avec Véronique Dietschy - Consuelo Caroli – John Elwes – Philippe Cantor  et l’Ensemble Vocal Nicole Blanchi. (Disque Adda enregistré en 1990). En 1990, l’Ensemble baroque de Nice enregistra cet oratorio composé par Jean-Christoph Friedrich Bach, l’un des cinq fils compositeurs de Jean-Sébastien Bach qui s’installa en Allemagne à Bückebourg, où il mena, dans la cour princière, une vie de musicien et de compositeur.

- « Apollo et Hyacinthus » de Mozart, avec les Solistes du Tölzer Knabenchor, sous la direction de Gerhard Schmidt-Gaden. (Disque Pavane enregistré en 1991). A l’occasion de la célébration du bicentenaire de la mort de Mozart, en 1991, l’Ensemble baroque de Nice a enregistré le tout premier opéra de Mozart, composé à l’âge de… 11 ans. L’histoire est celle de la mort accidentelle de Hyacinthe, blessé par un disque lancé par Apollon. Le sang versé de Hyancinthe entraîna l’éclosion d’une fleur, la jacinthe.

- « Dorilla in tempe » , de Vivaldi, avec Maria-Cristina Kiehr - John Elwes - Jean Nirouët - Philippe Cantor - Consuelo Caroli - Laure Florentin. (Disque Vérany édité en 1994). Cet opéra, créé en 1726 à Venise, raconte l’histoire d’Apollon qui, condamné à un séjour sur terre par Zeus à cause du meurtre des Cyclopes, prend l’apparence d’un berger et tombe amoureux de Dorilla, fille du roi Admeto

- « La Silvia », opéra de Vivaldi, avec Roberta Invernizzi - Gloria Banditelli - John Elwes - Philippe Cantor (Disque Lidia-Harmonia Mundi enregistré en 2000). La Silvia fut créé, en 1721, à Milan. L’opéra raconte les aventures amoureuses de la bergère Silvia qui, vouée au sacerdoce de vestale, se refuse à aimer le berger Tirsi. Elle finira par céder, Tirsi lui révélant qu'il est en réalité le dieu Mars. Le couple donnera naissance à Rémus et Romulus, les fondateurs de Rome.

- « Rosmira fedele » de Vivaldi (Disque Dynamic enregistré en 2003). « Rosmira Fedele », opéra de Vivaldi composé en 1738 pour le carnaval de Venise a fait l’objet d’une somptueuse re-création scénique sur la scène de l’opéra de Nice avec décors et costumes en 2003

-  Disque de musique instrumentale : « Concertos pour orgue et orchestre » de Michel Corrette (Disque Harmonia Mundi enregistré en 1983). Ce disque a été enregistré sur l’orgue historique de l’église de l’ Escarène. L’instrument est dû aux facteurs d’orgue niçois du XIxe. siècle, les frères Grinda. Le soliste est l’organiste René Saorgin, concertiste international, professeur au conservatoire de Nice, titulaire de l’orgue de la cathédrale de Monaco, historien des orgues du Comté de Nice.

https://www.ensemblebaroquedenice.com

La société de musique ancienne de Nice

La Société de Musique Ancienne de Nice a été fondée en 1965 par Gilbert Bezzina, futur directeur de l’Ensemble baroque de Nice, et par un certain nombre de musiciens passionnés par le retour aux interprétations authentiques du XVIIe siècle.

Leur démarche suivait quelques règles :

- référence aux éditions originales ou manuscrits autographes,

- pratique de la notation ancienne distincte du solfège classique

- emploi des traités concernant les techniques instrumentales du XVIIe siècle.

Les activités de la Société de musique ancienne n’ont pas cessé. Sous la direction de la claveciniste Michaela Chétrite et de la flûtiste à bec Marie-Claire Bert, elle continue à organiser des concerts à thème au Centre culturel de la Providence, dans le Vieux Nice, où se trouve son siège. Le bâtiment est celui de l’ancienne Chapelle de la Providence, construite au XVIIe siècle par l’ordre des Visitandines, au moment où se créa  le couvent de la Visitation Saint-François-de-Sales. (Les Visitandines y demeurèrent jusqu’en 1792 jusqu’à ce que le lieu devienne «Hospice de la Providence », à l’instigation du chanoine Eugène Spitalieri de Cessole, pour accueillir les jeunes filles abandonnées).

Des musiciens au rayonnement international

Huguette Grémy-Chauliac : Professeur de clavecin au conservatoire de Nice, cette concertiste et musicologue fut, dans les années 1960, l’une des premières clavecinistes à s’intéresser à l’authenticité de l’interprétation de la musique du XVIIe. Ses recherches et ses enregistrements lui valurent une renommée internationale. Parmi ses élèves figure le canadien Scott Ross, qui devint l’un des plus grands clavecinistes du XXe siècle et réalisa l’exploit d’enregistrer l’intégralité des… cinq cent cinquante sonates pour clavecin de Scarlatti. Huguette Grémy-Chauliac s'est elle-même distinguée en enregistrant des musiques de nombreux compositeurs jamais enregistrés : Elisabeth Jacquet de la Guerre, Gaspard le Roux, Charles Dieupart, Johann Pachelbel.

Olivier Vernet : Reconnu dans le monde entier comme l'un des plus brillants représentants de l'école française d'orgue actuelle, consacrant une grande partie de ses activités à la musique baroque, Olivier Vernet est professeur au conservatoire de Nice, organiste de la cathédrale de Monaco, professeur à l’Académie Prince Rainier III de Monaco, directeur des  festivals d’orgue de Mougins et de Monaco.

Sa discographie est considérable comprenant plus de… quatre-vingt enregistrements, dont les intégrales de compositeurs baroques comme Bach, Bruhns, Buxtehude, Clérambault, Couperin, Grigny, l'intégrale des concertos de C.P.E. Bach, J.C. Bach, Haydn, Corrette. Tous ces disques ont reçu de nombreux prix. Son intégrale de l’œuvre de Bach a reçu le Diapason d'Or de l'Année 2000.

Olivier Vernet se produit régulièrement avec des ensembles internationaux de musique baroque : Ensemble Matheus, le Lachrimæ Consort, la Simphonie du Marais . Avec son ensemble …in Ore mel,…il a enregistré des disques consacrés à Charpentier, Clérambault, Corrette, J. C. Bach, Mozart et Haydn.

Grâce à des musiciens tels que lui se perpétue avec dynamisme la pratique de la musique baroque dans notre région.