Le Musée Magnelli, musée de la céramique, Vallauris

Folio PDF Sp@ce

Le musée Magnelli, Musée de la céramique, est installé dans le château de Vallauris ; le Musée présente une collection exceptionnelle, retraçant l’itinéraire et les évolutions de l’œuvre d’Alberto Magnelli, pionnier de l’art abstrait. Ce musée accueille également une importante collection représentative de la Céramique de Vallauris.

Localiser

Agrandir


Ouvrir le fichier du bâtiment en 3D pour le visionner dans l’outil Google earth si ce dernier est installé sur votre matériel

Présentation

Le musée Magnelli, Musée de la céramique, est installé depuis 1977 dans le château de Vallauris, ancien prieuré de l’Abbaye de Lérins.

Labellisé Musée de France, le musée présente une collection exceptionnelle retraçant l’itinéraire et les évolutions de l’œuvre d’Alberto Magnelli, pionnier de l’art abstrait.

Le musée accueille également une importante collection représentative de la Céramique de Vallauris, de la production traditionnelle aux réalisations artistiques plus contemporaines.

L’histoire du lieu

C’est au cours du XIIe siècle que les abbés de Lérins font construire un castel et une chapelle attenante, pour la résidence du prieur, seigneur délégué au fief, sur les lieux de l’actuel château.

Au milieu du XVe siècle, la ville de Vallauris, « Vallis Aurea », est décimée suite aux épidémies successives qui ont dévasté et ruiné la région.

En 1501, sur décision de Dom Raynier de Lascaris, prieur de Lérins et Seigneur de Vallauris, près de 70 familles originaires du Comté de Vintimille s’installent à Vallauris afin de repeupler le village.

Avec l’installation de ces familles italiennes, la production de céramiques, déjà florissante, va se développer de manière importante jusqu’à devenir l’activité principale de la ville au XVIIe siècle.

En 1568, à l’emplacement de l’ancien prieuré tombé en ruines, est édifié un château dans le style Renaissance, avec notamment un bel escalier à balustres. La chapelle attenante, datant probablement du début du XIIIe siècle, a été conservée. Depuis 1952, elle abrite, sous sa voûte, deux panneaux peints par Picasso, « la Guerre et la Paix », œuvre magistrale devenue aujourd’hui Musée National.

L’ensemble est classé au titre des Monuments Historiques en 1951.

La création du musée Magnelli

Durant la seconde guerre mondiale, Alberto Magnelli et sa femme Susi se réfugient près de Grasse, dans une ancienne magnanerie, La Ferrage. Il y résidera d’octobre 1939 à mars 1944. La proximité de ses amis Arp et Sophie Taeuber, de Sonia Delaunay, les amène à réaliser à l’initiative de Hans Arp, 10 origin, série d’œuvres communes, sortes de cadavres exquis à quatre mains devenues un exceptionnel album édité en lithographie après la guerre.

Magnelli avait exprimé le souhait de voir conserver sa collection personnelle, réunie par l’artiste de son vivant, dans une ville proche de Grasse. A la mort de l’artiste en 1971, sa veuve, Susi Magnelli, fit don de cette collection à la ville de Vallauris. De Magnelli lui-même, cette collection personnelle renferme les jalons de l’évolution de son œuvre.

En 1977, l’ancien château est transformé en musée sous l’appellation de Musée de la Céramique et d’art Moderne , rebaptisé en 1996 Musée Magnelli, Musée de la Céramique.

Depuis, le fonds de la collection s’est considérablement enrichi d’acquisitions et de dons de peintures, collages et gravures de l’artiste.

La collection est présentée sous forme de parcours chronologique permettant de retracer et de comprendre les différentes phases et les évolutions de son œuvre, de son passage du figuratif à l’abstraction.

Alberto Magnelli

Né à Florence en 1888, Alberto Magnelli commence à peindre en 1907. Il fréquente les futuristes italiens vers 1911. En 1914, lors d’un séjour à Paris, il rencontre Guillaume Apollinaire avec qui il se lie d’amitié, ainsi que Max Jacob, Picasso, Archipenko, Juan Gris, Fernand Léger et Henri Matisse. Durant l’hiver 1914-1915, il opère un bref passage vers l’abstraction, en une courte série d’œuvres qu’il baptise « Peintures Inventées », composées essentiellement de plans de couleur uniforme.

En 1916, l’influence du Cubisme synthétique est perceptible, les éléments figuratifs réapparaissent à l’intérieur de plans géométriques. 

S’ouvre alors une période très prolifique de productions artistiques, pendant laquelle il effectuera de nombreux voyages en Europe.

En 1918, l’artiste entame la série des « Explosions lyriques ». Il y abandonne les teintes en à-plat, au profit de surfaces colorées divisées,   au graphisme très fragmenté.

Dans une démarche parallèle à celle des peintres regroupés autour de la revue Valori Plastici, où s’exprime le souci d’un caractère spécifiquement italien de l’œuvre, et au contact des artistes italiens comme Carlo Carrà, Alberto Magnelli revient vers une nouvelle forme de figuration. A la gamme colorée très vive des Explosions lyriques, succède la période du Réalisme Poétique ou réalisme « Socio-poétique » dans une palette de terre et d’ocres, prenant pour sujets les paysans toscans et leur vie quotidienne, des paysages parcourus par le peintre, des éléments d’architecture et de sculpture, dont le climat n’est pas étranger aux recherches de la Pittura Metafisica de Giorgio De Chirico.

Entre 1929 et 1931, face à l’incompréhension rencontrée par sa peinture, Magnelli s’arrête pratiquement de peindre.

Coïncidant avec son arrivée à Paris, la série des Pierres marque le retour de Magnelli à une intense activité picturale. Ces œuvres inaugurent un travail de recherche sur les matériaux qui l’amèneront, à partir de 1936 et en parallèle à sa peinture, à produire une importante série de collages, et marqueront son entrée dans l’Avant-garde internationale. L’artiste se lie d’amitié avec Kandinsky et Arp.

A partir de 1935, Magnelli fait définitivement retour vers l’abstraction où se conjuguent désormais l’extrémisme des recherches formelles de 1915 et la gamme colorée des peintures réalisées dans les années 1920.

A partir des années 1950, de nombreuses expositions et rétrospectives sont consacrées à son œuvre (1950 : Biennale de Venise ; 1963 : Kunsthaus, Zurich ; Palazzo Strozzi, Florence ; 1968 : Musée national d'art moderne, Paris).

La collection de céramiques
Le premier étage du musée présente une collection de céramiques illustrant les différents aspects de la production de Vallauris ; de la poterie culinaire, production « historique » de la ville, des céramiques artistiques des Massier et des créations des années 1950, des œuvres primées ces dernières années aux Biennales Internationales de Céramiques d’Art à partir de 1968, jusqu’aux créations contemporaines des Designers invités à Vallauris.
Une tradition de la céramique culinaire

La tradition potière de Vallauris remonte au début de notre ère. A l’époque gallo-romaine, on utilise déjà ses importants gisements d’argile réfractaire, c’est-à-dire d’une très grande résistance au feu,  pouvant être exploités à ciel ouvert.

La présence de ces puits de terre, les « terriers », sur la commune, va très tôt permettre le développement de cette production locale. C’est au début du XVIe siècle, époque de la repopulation du village par les familles italiennes venues de Gênes, qu’une importante activité potière de productions de céramiques culinaires voit le jour, jusqu’à devenir l’activité principale de Vallauris à partir du XVIIe siècle, et supplante définitivement l’agriculture dans l’économie locale.

Dès 1609, une enquête royale sur Vallauris parlait d’une population « surtout composée de fézeurs de pots ». C’est en effet la grande période de la marmite, la pignate en provençal, qui symbolise le « tout culinaire » de la production. Certaines formes découlent directement de celles des marmites médiévales retrouvées en Provence orientale.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les fabriques sont de taille artisanale et la poterie culinaire reste leur production principale. La « terraille », constituée de marmites, poêlons et terrines, est toujours tournée, et les pièces soit simplement vernissées, soit recouvertes d’un décor jaspé. Les principales fabriques connaissent vers la fin du XIXe siècle un important développement et atteignent la taille de véritables usines, où travaillent plusieurs dizaines d’ouvriers spécialisés (tourneurs, engobeurs…), mais la concurrence de la fonte et de l’aluminium va, au début des années 1930, amener au déclin progressif de la poterie culinaire.

Une famille de céramistes d’art : Les Massier
Parallèlement, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, une production artistique va voir le jour avec la famille des Massier. Issus d’une famille de potiers de Vallauris, deux frères, Delphin (1836-1907) et Clément (1845-1917) Massier, ainsi que leur cousin Jérôme (1850-1916), délaissent la traditionnelle céramique culinaire pour donner ses lettres de noblesse à la faïence d’art vallaurienne. La production des Massier est d’une grande variété de formes et de décors : vases antiques, vases de « Chine » animaux réalistes ou chimères, existe en jaspés, flambés.
La céramique des années 1950

Dès la fin des années 1930, de jeunes artistes commencent à arriver à Vallauris, notamment Suzanne et Georges Ramié qui fondent en 1938 l’Atelier Madoura. La production de l’atelier sera quelque peu éclipsée par celle de Picasso qu’elle accueillera dans son atelier à partir de 1948 ; pourtant, sa création se distingue par des formes issues de la tradition provençale dont elle s’inspire et qu'elle revisite de manière plus épurée, par des formes pures, soulignées par des émaux très vifs.

Ce mouvement se prolonge pendant et jusqu'après la seconde guerre mondiale. La présence de Picasso va impulser un nouvel élan et un tournant décisif, et créer une effervescence notable : les années 1950 marquent bien « l’Âge d’or » de Vallauris qui devient « la cité des 100 potiers ». Les créations des années 1950 figurent en bonne place dans le musée (salle Madoura) avec notamment les œuvres de Roger Capron, Jean Derval, Robert Picault, et, bien sûr, des œuvres issues de l’atelier Madoura, avec notamment des œuvres de Pablo Picasso.

Les créations contemporaines

Le musée présente également une importante section de céramiques contemporaines, œuvres primées aux différentes Biennales Internationales de Céramique d’art, ainsi que les créations de designers réalisées dans les ateliers traditionnels de Vallauris.

En effet, grâce à l’élan insufflé par les créations des années 1950, Vallauris tente de s’imposer comme un foyer dynamique en matière de céramique artistique. En 1968, la ville décide de créer un concours de Céramique d’Art National, qui deviendra deux ans plus tard la Biennale Internationale de Céramique Contemporaine. Grâce aux œuvres primées lors des différents concours, le musée a pu enrichir ses collections d’un ensemble significatif des évolutions et recherches contemporaines en matière de céramiques, et d’œuvres de jeunes talents de l’époque, devenus aujourd’hui des grands noms de la céramique artistique : Yves Mohy, Bernard Dejonghe, Jean-Paul Van Lith ainsi que les nombreux céramistes étrangers, tels qu’Edouard Chapallaz, Carlos Carlé ou encore Setsuko Nagasawa.

Dès la création de la manifestation, il fut prévu que les pièces primées entreraient dans les collections de la Ville de Vallauris. Afin d’accueillir ces pièces, la ville créera en 1977 le musée de la Céramique.

Dans ce même objectif de favoriser la création contemporaine, la ville de Vallauris organise, en partenariat avec la DRAC PACA, de 1998 à 2003, une opération originale intitulée « deux designers à Vallauris ». Ce projet a permis de faire dialoguer des designers contemporains avec le savoir-faire et l’artisanat traditionnel de la céramique, toujours présent à Vallauris. Certaines collaborations ont perduré au-delà de l’opération. Le musée a ainsi acquis en 2006 des œuvres de Florence Doléac réalisées par Claude Aïello.

Références et bibliographie

- Site de la Ville de Vallauris : pages consacrées au musée Magnelli/ musée de la céramique, retraçant également l’histoire de la céramique à Vallauris
http://www.vallauris-golfe-juan.fr/-Ceramique-.html

- Site de la cité de la céramique de Sèvres : Qu’est-ce-que la céramique ?
http://www.sevresciteceramique.fr/site.php?type=P&id=8&PHPSESSID=195409409a36affc4cf9cd95a6bc866a

- Pignates et poêlons, poterie culinaire de Vallauris, éditions RMN, 1996, catalogue d’exposition : Musée Magnelli, Musée de la Céramique, Vallauris

- Massier, l’introduction de la céramique artistique sur la Côte d’Azur, éditions RMN, 2000 catalogue d’exposition : Musée Magnelli, Musée de la Céramique, Vallauris

- Anne Lajoix, L’âge d’or de Vallauris, Paris, les éditions de l’Amateur, 1995

- Antoinette Faÿ-Hallé, Cinquante ans de céramique française, 1955 – 2005, une collection nationale, éditions RMN, Paris, 2005

- Des designers à Vallauris, 1998 – 2002, œuvres de la collection du Fonds national d’art contemporain, centre national des arts plastiques, Grégoire Gardette éditeur, Michel Baverey éditeur, 2003

- Anne Maisonnier-Lochard, Les Magnelli de Vallauris, Étapes d’une abstraction formelle, Paris, éditions RMN, 1994

- Alberto Magnelli, La peinture inventée, 1920 – 1931, éditions Artlys, Versailles 2007, catalogue d’exposition : Musée Magnelli, Musée de la Céramique, Vallauris

Informations pratiques

Place de la Libération - 06220 Vallauris
Tél. 04 93 64 71 83 - Fax 04 93 64 50 32

Service des publics : 04 93 64 71 82

http://www.vallauris-golfe-juan.fr/-Le-Musee-Magnelli-Musee-de-la-.html

Courriel : contact.musee@vallauris.fr