Musée de la Photographie Charles Nègre

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Le Musée de la Photographie Charles Nègre assure la promotion et la diffusion de l’art photographique et de l’image, du photo-journalisme à la photo plasticienne, de photographie du XIXème aux techniques numériques actuelles.

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Les pionniers et premiers photographes des Alpes-Maritimes
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Dans les Alpes-Maritimes et à Nice plus particulièrement, la photographie se manifeste dès 1843. Pierre Ferret semble être un des premiers daguerréotypistes à s’installer à Nice. Il publiera un album des « Environs de Nice », mettant en scène les points de vue préférés des étrangers.

D’autres photographes opèrent dans la région, tel que Luigi Crette qui travaille à Nice entre 1858 et 1864. Il se fait connaître par des portraits de Victor Emmanuel II. C’est en hiver qu’il prend ses clichés. Une partie de son travail est actuellement conservé à la Biblioteca Reale de Milan. Gustave Le Gray sur le chemin de l’Italie s’arrêta en 1857 à Nice.

Miguel Aleo reste cependant la figure la plus marquante de ces années là ; il effectue un travail important sur Nice et ses environs immédiats allant jusqu’à Villefranche. C’est un programme d’images qui s’inscrit dans le prolongement de l’album de Pierre Ferret.

À travers ces photographies réalisées par ces pionniers de l’image, une première analyse s’impose. C’est une Côte d’Azur romantique et pittoresque mais non caricaturale qui apparaît, on y trouve l’évocation de lieux mondains prestigieux, mêlés à une simplicité rustique des mœurs. On pressent un tourisme de villégiature chic, de cures thermales et climatologiques.

L’héritage de Charles Nègre (Grasse 1820-1880)

Charles Nègre est élève de Paul Delaroche et de Dominique Ingres, il suit les cours à l’école des Beaux-Arts de Paris. Peintre à ses débuts, il devient photographe et connaitra ses heures de gloire à Paris (1850-55).

© Théâtre de la Photographie et de l'Image

Charles Nègre, L’Escalier des Ponchettes, ca 1865

C’est en 1863 que Charles Nègre, pour des raisons de santé, redescend sur Nice. Il réalise une grande quantité de photographies de Saint-Raphaël à Menton ainsi que dans l’arrière pays.

Dans son album qui concerne les Alpes-Maritimes, ce sont essentiellement des vues de Cannes et de ses environs, de Grasse sa ville natale, les plages de Golfe-Juan, dont on admire avec nostalgie l’aspect sauvage des champs d’oliviers de Saint Cézaire.

Charles Nègre fait preuve d’un vrai souci de documentation qui annonce un certain modernisme propre à un photographe du XXe siècle, plutôt que du XIXe. Il cherche toujours le point de vue qui pourrait lui offrir la composition la plus belle. Dans ses paysages, comme dans ses portraits, la construction de l’image est très présente. On peut parler de « reportage » au sens moderne du terme dans la mesure où la présence humaine joue un rôle indéniable dans sa manière de photographier. Le regard porte Nègre sur les habitants, est à la fois vrai et personnel.

Les années 1880

À partir du début des années 1880 tout ce que la photographie porte en germe va se déployer.

© Théâtre de la Photographie et de l'Image

A.L. & E. Neurdin, Les Jardins du Casino de Monte Carlo, ca 1880

Avec la généralisation des procédés secs, les possibilités augmentent. L’instantané devient une pratique courante et les techniques nouvelles permettent une reproduction à grande échelle.

C’est au début des années 1870 à la fin des années 1880, que commence à se mettre en place une imagerie des Alpes-Maritimes.

L’album des Frères Neurdein (Etienne et Antonin), Panorama des Alpes-Maritimes, Nice-Menton-Monaco-Cannes en 1875,  lance le coup d’envoi d’une tendance qui se maintiendra jusqu’au début de la « belle époque ». La Côte d’Azur n’est pas encore désignée comme telle, mais les vues générales prédominent.

Le regard patrimonial de Jean Gilletta (Levens 1856 - Nice 1933)

Avec l’annexion du Comté de Nice à la France en 1860, puis l’arrivée du chemin de fer en 1864, Nice est devenue la capitale des villégiatures hivernales. L’urbanisation et la modernisation des équipements favorisent l’ouverture de nouveaux marchés pour les industriels, les commerçants et les artistes. Ainsi de nombreux ateliers de photographies vont s’ouvrir à Nice. De six ateliers en 1862, on passe à quinze en 1873 avec Numa Blanc, Eugène Degand, Aristide Montel et Walburg De Bray.

© Théâtre de la Photographie et de l'Image

Jean Gilletta, Premier Palais de la Jetée-Promenade, Nice 1883

C’est auprès de ce dernier que Jean Gilletta va se former. En plus d’être un bon portraitiste, De Bray est un de ces rares photographes paysagistes, qui va donner à Gilletta le gout de parcourir d’autres espace que Nice : les campagnes cultivées, les montagnes arides, les jardins d’agrément du bord de mer ou l’intérieur des terres.

C’est donc à Jean Gilletta que l’on doit aujourd’hui cette richesse iconographique sur les Alpes-Maritimes. Son regard témoigne des développements et bouleversements qu’engendra la révolution industrielle au XIXe siècle.

Il s’impose comme un véritable témoin de son temps et un observateur attentif de la mutation azuréenne. Il sera considéré comme l’un des premiers reporter-photographes dans le Sud-est de la France. Ce travail photographique s’effectue pendant environ cinquante ans.

Ce qui va faire le succès de la Maison Gilletta c’est la production éditoriale de cartes postales alors en plein essor à l’époque. La quasi-totalité de sa collection de paysages, de vue originales de sites, de village, de métiers photographiés fut publiées en cartes postales.

La carte postale

La carte postale devient à cette époque le principal moyen de promotion touristique d’une ville.

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C’est en 1890, que l’on trouve aussi à Nice le studio Detroit Photographic Company qui a vendu des millions d’exemplaires de cartes postales représentant les villes touristiques des Etats-Unis et d’Europe.

Cette société a obtenu les droits exclusifs d'utiliser le procédé de « Photochrome » procédé photomécanique inventé dans les année 1880 qui crée une image à partir d'un film négatif noir et blanc et coloriée en transférant ce dernier sur plusieurs pierres lithographiques.

Victor de Cessole un photographe au sommet des Alpes Maritimes, (Nice 1859 – Nice 1941)

Victor de Cessole est issu d’une veille famille niçoise et aisée. Il prend la présidence du CAF de Nice de 1900 à 1932. Il s'occupe alors de développer le club et ses activités. Plus généralement, il cherche à faire prospérer le tourisme alpin dans les Alpes-Maritimes, inexistant au début du XXe siècle, au détriment des sites des Hautes-Alpes.

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C’est de 1896 à 1927 que Victor de Cessole va dresser à travers le médium photographique, un inventaire du Massif des Alpes Maritimes, un des plus méconnu jusqu’alors, Le travail photographique de ce dernier doit plus être considéré comme un témoignage et non comme une œuvre artistique.

On peut voir à travers ces images l’évolution de l’arrière pays niçois un désenclavement  progressif, où la montagne au-delà des alpages était peu à peu investie par l’homme, d’abord en été, puis en toutes saisons. Pendant trente ans, Cessole réalise près de 10 000 photographies sur plaques de verre. L’immense majorité des clichés révèle la montagne pure et dure, il ne s’attache que fort peu aux activités traditionnelles et guère aux hommes.

Tirées en cartes postales par les éditions Gilletta, les photographies de Cessole font connaître les sommets des Alpes-Maritimes. Présenter, témoigner, prouver, inventorier, la montagne, tel le rôle dévolu à la photographie par le Chevalier de Cessole.

D’autres regards photographiques sur la région

Lisette Model (Vienne 1901 – New-York 1983)

C’est au cours de l’été 1934 que Lisette Model séjourne chez sa mère, à Nice. Elle y fait le portrait de touristes fortunés, français, allemands, russes, venus là pour prendre le soleil et se reposer. La conception de Lisette s’oppose à la vision utopique encouragée dans l’entre deux guerres, qui idéalise les corps sains et la gymnastique sur les plages. Ses sujets pris sur la Promenade des Anglais, bien que riches, ne sont ni jeunes ni beaux, ils sont l’antithèse de la grâce et de l’élégance. Le soleil du Sud éclaire impitoyablement leurs corps empâtés, mal dissimulés par leurs vêtements. Ces photos donnent une image accablante de l’oisiveté de la haute bourgeoisie européenne. Ses photos de la Promenade des Anglais sont publiées en 1935 dans le journal Regards, elles seront à l’origine de la carrière de Lisette Model.

Jacques-Henri LARTIGUE (Courbevoie 1894 – Nice 1986)

C’est à l’âge de onze ans, son premier appareil photographique à la main, que Lartigue découvre la Côte d’Azur. Par la  suite et toute sa vie durant, il séjourne régulièrement dans cette région. Il y prend la plupart de ses meilleurs clichés, reflets du train de vie élégant de la haute bourgeoisie des villas, hôtels, clubs côtiers et autres casinos des stations balnéaires. De nombreux clichés pris dans la région vont devenir emblématiques et vont forger la célébrité de Lartigue, notamment ses vues panoramiques du littoral, genre nouveau pour l’époque.

Paul Louis (ca 1920- Nice 1989)

C’est de 1930 à 1960 que ce photographe va couvrir tous les sujets de notre région des plus anodins aux manifestations de prestiges quelles soient mondaines ou sportives, en passant par les accidents de la circulation et les affaires criminelles ou judiciaires. Opérant sans flash en lumière naturelle, il compose ses images dans son viseur rectangulaire, avec un souci esthétique évident et une volonté de souligné l’action photographique. En 1944 pour la Libération, on le retrouve sur la Place Masséna pour figer ces moments. Plus tard il adopte le Rollei et son format carré ou le sujet est placé au milieu du cadre. La demande du public et des journaux change, les revues spécialisées apparaissent. Paul Louis abandonne les scènes de vie quotidienne pour s’intéresser aux personnalités de la politique et surtout du spectacle, de passage sur la Côte d’Azur. Dans les années 50 et 60, il devient photographe du cinéma du festival de Cannes, suivi dans les années 70 par Norbert Huffschmitt, qui a réuni sa collection de plusieurs milliers de clichés à sa disparition en 1989.

De nombreux photographes pour ne citer que les plus connus tel que Stéphane Mirkine, Raph Gatti, Vincent Gargano et bien d’autres encore qui vont créer cette tradition du photo-reportage « glamour » de la Côte d’Azur.
Ce sont souvent des évènements « people » comme que le Festival de Cannes, le grand prix de Monte- Carlo, les festivals de jazz et leurs personnalités qui attirent les photographes.

Le Musée de la Photographie Charles Nègre

Son Fonds photographique compte aujourd’hui 1597 œuvres et couvre les débuts de la Photographie à nos jours. A côté de la précieuse collection de Charles Nègre, figure un ensemble important de photochromes anonymes et documents anciens. A travers les images de Lucarelli, Gilletta, Paul Louis… la collection est un véritable témoignage de l’histoire de notre région. Elle s’est enrichie au fil des années de tirages modernes d’auteurs reconnus et de grands noms de la Photographie contemporaine sont également  représentés (Appelt, Ascolini, Basilico, Dityvon, Kenna, Minkinnen, Plossu, Georges Rousse…) mais aussi de jeunes auteurs photographes : Michel Graniou, Olivier Monge, Eric Bourret, Michel Coen, Anne Favret et Patrick Manez, Galith Sultan, …

Un centre de documentation offre à la consultation plus de 3 700 ouvrages consacrés à la photographie à travers des monographies, des catalogues d’exposition, des essais analytiques, des revues et des ouvrages techniques. Un poste informatique à destination du public permet  la consultation de DVD, une présélection  de sites Internet traitant de la photographie et l’accès à des banques d’images de grandes institutions photographiques.

L’offre pédagogique

Les visites commentées

Elles sont proposées sur rendez-vous à tous les publics sur rendez-vous et sont gratuites pour les élèves de collèges et de lycées niçois. Le tarif est de 20 euros par classe pour les élèves hors Nice. La visite commentée s’articule autour de l’exposition en cours, portant sur le travail des ou du photographe exposé. Des exercices d’analyse sur la composition de l’image sont abordés. La visite commentée est adaptée au niveau des élèves.

Les projets photographiques 

Dans le cadre du partenariat initié entre le Rectorat et la ville de Nice, le Théâtre de la photographie et de l’image Charles Nègre présente chaque année les « projets photographiques » réalisés par les collégiens et les lycéens des Alpes-Maritimes. Ces dispositifs, mis en place maintenant depuis 2004, tissent des liens entre professionnels de la culture, enseignants et artistes pour l’initiation à la découverte et à la pratique des arts.

Ces projets peuvent revêtir différents aspects : ateliers artistiques, projet d’éducation au regard, projet artistique et culturel de classe.

Le portail « À Nice, grandir en culture » permet de découvrir les médiations élaborées par la ville de Nice pour les jeunes Niçois

http://grandirenculture.nice.fr/

Informations pratiques

Musée de la Photographie Charles Nègre

http://museephotographie.nice.fr/

Téléphone : +33 (0)4 97 13 42 20
Télécopie : +33 (0)4 97 13 42 23

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