Le musée national Marc Chagall de Nice

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En 1966, Marc Chagall fait don à la France des grands tableaux qui constituent le « Message Biblique ». C’est sur la colline de Cimiez qu’à l’initiative d’André Malraux le premier musée national consacré à un artiste vivant ouvre ses portes en 1973.

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Une « Maison »

Dès 1969, André Malraux, alors ministre de la culture, propose la construction d’un musée pour accueillir la donation de Chagall sur un terrain en bas de la colline de Cimiez, offert par la ville de Nice. Le projet est confié à André Hermant (1908-1978), ancien collaborateur de Le Corbusier.

© Canopé de Nice

Les jardins et l’entrée du musée national Marc Chagall, Nice

L’architecture d’André Hermant correspond à son idéal de placer au cœur de son œuvre la finalité sociale d’un lieu. Ainsi, c’est bien la fonction du bâtiment qui détermine sa forme : le musée sert à la fois l’exposition des œuvres mais aussi la rencontre du public avec les œuvres. Ce n’est donc pas le bâtiment qui impose la muséographie mais les œuvres imposent la forme du bâtiment. La muséographie, voulue par Chagall, est immuable.

Chagall suit de près le projet. Il enrichit le bâtiment en ajoutant des vitraux et une mosaïque. C’est lui qui demande la présence d’un auditorium. Il souhaite que ce musée soit une « Maison », un lieu de spiritualité et de rencontres. L’architecture d’Hermant se veut alors sobre et rigoureuse afin de souligner les formes et l’éclat de l’œuvre de Chagall. La grande salle où sont accrochés les douze tableaux de la Genèse et de l’Exode se développe sur trois losanges offrant douze espaces d’accrochage. Cette salle donne accès à une pièce en hexagone, où est exposée la série sur le Cantique des cantiques.

Le jardin accueille les visiteurs à l’entrée du musée. Henri Fish, son créateur, le garnit, avec l’accord de Chagall,  d’agapanthes et de fleurs blanches et bleues. Les arbres méditerranéens sont également très présents : oliviers, cyprès, pins.

Marc Chagall, repères 

Marc Chagall naît en 1887 à Vitebsk (Russie) dans une famille juive modeste. Son père est marchand de harengs.

Pendant ses études secondaires vite interrompues, il découvre la peinture dans l’atelier d’un peintre local, Jehuda Pen. A la même époque, il se fiance avec Bella, sa future épouse, fille d’un modeste bijoutier, qu’il épousera en 1915.

De 1907 à 1909, il suit les cours de plusieurs académies de Saint-Pétersbourg, puis travaille dans l’atelier de Léon Batsk, décorateur des ballets russes.

En 1911, grâce à une bourse, il s’installe à Paris. Son art se transforme : il participe à l’avant-garde, du fauvisme au cubisme. Il est introduit à la Ruche et fréquente Delaunay, Léger, Soutine, Modigliani, Cendrars, Apollinaire.

En 1914 a lieu sa première exposition particulière à Berlin, mais le début de la guerre le contraint à rentrer en Russie. En 1917, il adhère aux idéaux de la Révolution d’octobre et est nommé commissaire des Beaux-Arts de Vitebsk. Mais son travail est mal compris et les suprématistes (Malevitch, Pougny) obtiennent son renvoi. Il s’installe donc à Moscou où il travaille au décor du Théâtre juif.

De 1923 à 1939, il est à Paris et travaille avec Vollard, le grand marchand d’art, pour qui il produira un grand nombre de gravures (les Fables de la Fontaine, les  Ames mortes de Gogol).

Il voyage dans toute l’Europe, mais en 1935, le régime nazi le classe comme « artiste dégénéré ». A la déclaration de guerre, il se réfugie en zone libre avant de fuir à New York. Il ne rentrera en France qu’en 1948.

Pendant vingt ans, l’artiste répond à de nombreuses commandes publiques et privées : vitraux (Metz, Reims, Jérusalem, New York), peinture (Opéra de Paris), œuvres pour la scène (décors et costumes). Il produit une importante œuvre lithographique pour Tériade et Aimé Maeght.

Il continue son travail jusqu’à sa mort en 1985 à Saint-Paul-de Vence où il est enterré.

Chagall et la Côte d’Azur

En 1950, Chagall s’installe définitivement à Vence.

Il commence alors à diversifier les techniques et travaille la céramique chez les Ramié à la galerie Madoura de Vallauris.

En 1955, il projette de décorer la chapelle du Calvaire, à Vence, et commence à peindre des toiles monumentales qui deviendront le message biblique.

De nombreuses œuvres font référence à Nice et à Vence.

En 1973 est inauguré à Nice le musée national Marc Chagall, appelé alors « le Message biblique ».

La collection
© RMN, photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Adrien Didierjean

Abraham et les trois anges Marc Chagall 1952-1953,  Huile sur toile

En 1966, Chagall fait don à la France de la série des grands tableaux du « Message Biblique », inspirés de la Genèse, de l’Exode et du Cantique des Cantiques. Cette série représente la synthèse de la réflexion spirituelle de Chagall : après les épreuves de la seconde guerre mondiale, de la Shoah et de l’exil, le peintre décrit un « rêve » qui n’est pas « celui d’un seul peuple, mais de l’humanité ».

En 1972, Chagall ajoute à sa donation un grand nombre d’œuvres : les gouaches de la Bible de 1931, les 105 gravures de la Bible et leurs cuivres, une importante collection de lithographie, 5 sculptures et 2 céramiques. En 1986 et 1988, Charles Sorlier, lithographe de Chagall, fait don d’un fonds abondant.

Depuis le décès de l’artiste, le Centre Georges Pompidou, récipiendaire des dations, dépose régulièrement des œuvres dans le fonds du musée national Marc Chagall.

Informations pratiques

Adresse : 36 avenue Docteur Ménard 06000 Nice.

Tél : (+33) (0)4 93 53 87 20 (rens.) - Tél : (+33) (0)4 93 53 87 35 (médiation)

Fax : (+33) (0)4 93 53 87 39

https://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/

Ouvert tous les jours de 10 à 17 h sauf le mardi et certains jours fériés