Le Musée des arts asiatiques de Nice

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Réalisé par le célèbre architecte japonais Kenzo Tange, le Musée des Arts Asiatiques de Nice se veut être un lieu d'échanges et de dialogues entre les arts asiatiques et la culture occidentale. Le musée s'articule autour de quatre espaces présentant des œuvres remarquables des civilisations chinoise, japonaise, cambodgienne et indienne. 

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Le bâtiment

En 1987, le Conseil Général des Alpes Maritimes commande à l’architecte japonais Kenzo Tange la construction d’un Musée des Arts Asiatiques. Destiné à être réalisé dans l’enceinte du Parc Phoenix récemment créé (il s’agit d’un parc floral de sept hectares), le projet séduit Kenzo Tange qui travaille rapidement à l’élaboration des plans de l’édifice. La première pierre est posée le 31 mai 1990. Les travaux vont durer environ six années, suivies de deux années destinées à la création de la muséographie et à la constitution de la collection permanente. Le musée sera inauguré le 16 octobre 1998.

Le jour de l’inauguration du musée, l’architecte, alors âgé de 85 ans fit le déplacement depuis le Japon afin de témoigner de l’importance que revêtait ce projet pour lui : il s’agissait en effet du premier musée qu’il réalisait en Europe, et il était particulièrement sensible au fait de l’avoir construit en France.

La construction du Musée des Arts Asiatiques par Kenzo Tange dans les années 1990 a ouvert la voie à toute une nouvelle génération d’architectes japonais qui réalise aujourd’hui des musées sur le sol français : Kengo Kuma pour le FRAC PACA à Marseille, l’agence SANAA pour le musée Louvre-Lens et Shigeru Ban pour l’extension du Centre Pompidou, le Centre Pompidou-Metz.

Construit sur un lac artificiel à l’ouest du parc floral, le Musée des Arts Asiatiques repose sur les formes géométriques du carré et du cercle et évoque un mandala (figure géométrique symbolisant l’univers et servant de support à la méditation, dans le tantrisme et le bouddhisme). Cette dimension spirituelle est renforcée par la présence du ginkgo, « l’arbre de la connaissance » qui pousse habituellement près des temples d’où son surnom « d’arbre à pagodes ». Les quatre cubes qui composent le carré, placés selon les quatre points cardinaux, sont dévolus aux civilisations japonaise, chinoise, cambodgienne et indienne.

 « Le plan du musée repose sur deux formes géométriques fondamentales de la tradition japonaise, le carré, symbole de la terre, et le cercle, symbole du ciel. Autour d’un point d’origine, ces formes se développent dans l’espace en se divisant comme une cellule. Cette division provoque des vides qui sont l’essence de l’architecture. Ainsi sont créées des ondes successives… Dans cette évolution, le point d’origine est déployé et se replie pour définir un point central d’équilibre naturel de ce mouvement. Le musée donne l’impression de flotter sur le lac, créant une intéressante réflexion sur l’eau. » (Kenzo Tange) Comme beaucoup d’architectes japonais, Kenzo Tange parle du musée en termes métaphoriques. La référence au cygne, soulignée par l’utilisation du béton et de plaques de marbre blanc poli recouvrant l’ensemble des volumes du musée, contribue à la puissance et à la grâce de l’édifice.

Le musée témoigne aussi d’une recherche de dialogue entre l’architecture et son environnement, relation indissociable de la notion d’interpénétration entre intérieur et extérieur également caractéristique de l’architecture traditionnelle. L’abolition de ces limites devient possible par l’utilisation de matériaux modernes transparents, tel le verre. La façade vitrée trouve son origine dans le concept du paravent japonais traditionnel, réinterprété. Les parois transparentes et la pyramide couronnant la composition évoquent la légèreté du cygne. A la lumière du jour, les façades de verre reflètent l’environnement de manière infinie, ce qui confère au musée son caractère éphémère (le terme « éphémère » signifiant ici l’émergence perpétuelle de sens nouveaux). Semblant émerger de l’eau, l’édifice évoque enfin les ukiyo-e du XIXe siècle, célèbres estampes japonaises dont le nom signifie « images du monde flottant ».

Avec le musée des Arts asiatiques, Kenzo Tange isole l’essence de l’architecture traditionnelle japonaise tout en l’accordant avec une architecture novatrice et moderne.

Organisation du musée

On accède au musée par une passerelle en forme de « croissant de lune », reliée au sud-ouest au corps de bâtiment principal.
Dans le prolongement de l’entrée, cet édifice annexe accueille les espaces de services ainsi qu’un Pavillon de thé dans lequel des cérémonies traditionnelles sont régulièrement organisées par des Maîtres de thé. Le « croissant » s’achève poétiquement par une passerelle sur pilotis desservant un petit pavillon carré offrant un point de vue privilégié sur le parc.

L’organisation intérieure du musée est lisible depuis l’extérieur : au niveau du rez-de-chaussée, les quatre « cubes » sont des salles d’exposition séparées, évoquant les deux civilisations mères (Chine et Inde) et leurs transmissions au Japon et à l’Asie de l’Est (Cambodge). Au nord-est, une petite avancée semi-circulaire vitrée, en avancée sur le lac, contribue à la métaphore du musée flottant.

Le niveau supérieur, de forme ronde, est un espace continu nommé « les routes du bouddhisme », dédié à cette spiritualité qui est un élément majeur et commun à toutes les cultures d’Asie. Ce niveau est éclairé naturellement par la lumière zénithale de la pyramide en verre couronnant l’édifice.

Le niveau de sous-sol n’est pas visible de l’extérieur, il accueille les expositions temporaires ainsi qu’un espace dédié au mobilier, à l’habitat et aux traditions vivantes. Dans le corps de bâtiment annexe se trouvent les réserves du musée ainsi que les bureaux du personnel.

L’axe central du bâtiment est marqué par un sculptural escalier hélicoïdal pavé de marbre et dont les garde-corps transparents renforcent la sensation de légèreté. Il permet aux visiteurs de circuler entre les différents niveaux tout en conservant, par les jeux de transparence, une vue d’ensemble sur l’espace intérieur et extérieur du musée.

La collection permanente

Son originalité se fonde sur un choix d'œuvres emblématiques évoquant l'esprit des cultures asiatiques. Mêlant art de cour et expressions populaires ou tribales, elle réconcilie des genres traditionnellement éclatés entre musées d'histoire, d'ethnographie et des Arts décoratifs, tout en s'intéressant aussi aux créations contemporaines.

Le musée évoque, au rez-de-chaussée de forme carrée, la terre asiatique et au premier étage de forme circulaire le bouddhisme comme l’élément unificateur de l’Asie par sa présence dans toutes les civilisations abordées.

L’Asie, le plus grand et le plus peuplé des continents de notre planète, est une mosaïque incroyable de contrées, de peuples et de cultures. Une présentation simplifiée autour de cinq thèmes différents s’impose donc d’elle même. En premier lieu, une évocation dans les quatre cubes du rez-de-chaussée des civilisations indienne, chinoise, japonaise et d’Asie du Sud-Est, ensuite une exposition de statuaire bouddhiste dans la rotonde.

La collection indienne est l’occasion de se plonger dans la richesse des détails de la religion hindouiste, tout comme celle d’aborder avec les pièces architecturales, le luxe et la magnificence du Taj Mahal. L’art indien est soumis à des canons très codifiés par les textes de la tradition, et reprend toujours les mêmes thèmes, en les stylisant.

Pour évoquer la Chine, c’est la couleur verte et les pièces funéraires qui donnent le ton. Dans un cas, la couleur verte évoque le jade, et la volonté des artistes chinois de l’évoquer dans toutes les matières travaillées. Dans l’autre, les pièces funéraires rendent compte de la vie quotidienne des aristocrates. Les plus belles pièces d’art funéraire chinois sont les six mille guerriers de Xi’an, ces statues de terre cuite trouvées dans la tombe de Qin Shi Huangdi, l’unificateur de la Chine et constructeur mythique de la grande muraille.

Peut-on traiter du Japon sans faire référence aux samouraïs ? Ils sont ces clans de guerriers arrivés à la capitale au Xe siècle pour protéger les aristocrates de la cour impériale. « Celui qui sert », traduction de ce mot japonais, protégeait donc à l’origine un art de vivre d’un raffinement peu commun, illustré dans le musée par une paire de paravents dorés à la feuille d’or et une armure de samouraï du XIXe siècle.

Les Arts de l’Asie du Sud-est, rendent compte quant à eux, du carrefour de civilisations que l’on y trouve, comme par exemple à Angkor-Vat, où se mélangent au génie cambodgien, les grandes influences indienne et chinoise. De l’Inde, l’Asie du Sud-est hérite les religions hindouiste et bouddhiste, et leurs modes de représentation. De la Chine, elle hérite de la technique de fonte à la cire perdue. 

Le bouddhisme

Le bouddhisme est une doctrine religieuse née au nord de l’Inde, au VIe siècle avant Jésus Christ. Il conquiert rapidement toute l’Inde puis arrive en Chine, de façon attestée, au IIe siècle de notre ère. Il gagne ensuite la Corée et le Japon au VIe siècle. Le Népal, le Tibet, et la Mongolie sont atteints vers le VIIe siècle. Cette  pénétration pacifique a duré onze siècles et a été un facteur important d’unification entre différentes civilisations.

Le Bouddha historique est un jeune prince indien, Siddhârta Gautama Shâkyamuni, né à Lumbini, dans l’actuel Népal, vers 560 av. J-C. Il reçoit une éducation sportive, guerrière et religieuse, puis, à 29 ans, quitte le palais royal pour vivre comme un ascète. Quelques années plus tard, il connaît l’Éveil, sorte d’illumination permettant d’appréhender l’univers dans sa totalité. C’est de là que vient son nom de Bouddha qui signifie l’Éveillé en sanskrit. Dans une démarche pragmatique plutôt que religieuse, il enseigne que toute vie est douleur et le moyen de se libérer de cette souffrance. Très vite, une communauté monastique se fonde, comme seule capable de transmettre son message.

Au 1er siècle de notre ère, le bouddhisme devient un panthéon religieux complexe. Le nombre de bouddhas se multiplie. Parallèlement se répand le culte des bodhisattvas, ces êtres de compassion promis à l’Éveil mais dont le destin préalable est d’assister l’humanité souffrante. La protection que les bodhisattvas accordent à tous les rend proches des préoccupations des laïcs, acceptés désormais dans la communauté bouddhiste.

Les activités

Les expositions temporaires :
régulièrement organisées, elles prolongent et développent la visite des collections. Depuis peu le musée s’est ouvert à l’art contemporain en présentant des artistes d’origine asiatique de renommée internationale.

Les spectacles et activités :
Nocturnes de l'Asie : musique, danse, pour le Nouvel An Chinois, la Nuit des musées et la Fête de la Musique
Démonstration des Gestes d'Asie : calligraphie chinoise et japonaise, art du pliage, art floral, dessin à l'encre japonais, chants diphoniques d'Asie centrale, cérémonie du thé japonaise.
Cycle de conférences en lien avec la collection permanente ou l'exposition temporaire * Service payant de thé indiens, chinois, japonais et de friandises à la Maison de thé .
La boutique, à la fin du parcours, propose une sélection d'objets d'art et d'artisanat asiatiques, bijoux, textiles, céladons, encens..., ainsi que des éditions liées au contenu des collections, cartes postales et catalogues ... Des livres consacrés aux arts asiatiques sont également en vente.

Informations pratiques

Musée des Arts asiatiques
405 promenade des Anglais – Arénas- 06200 Nice
tel 04 92 29 37 00 – fax 04 92 29 37 01 

site www.arts-asiatiques.com

Ouvert de 10h à 18h du 2 mai au 15 octobre et de 10h à 17h du 16 octobre au 30 avril
Fermé le mardi et le 01 janvier, 01 mai et 25 décembre. 

ENTREE GRATUITE pour les individuels et les groupes en visite libre. 

Visite guidée

Groupes : 2 € par personne.
Scolaires : gratuit pour les groupes scolaires de l’Académie de Nice
1 € par élève pour les groupes scolaires hors département

Ateliers et démonstrations

 10 € individuel adulte. 3.5 € individuel enfant.
Groupes :Forfait 135 € pour les groupes
Scolaires : 3.5 € par élève

Cérémonie du thé

10 € individuel adulte. 5 € individuel enfant.
Groupes :Forfait 135 € pour les groupes
Scolaires : 3.5 € par élève

Manifestations gratuites

Ikebana sous l’œil du public les mercredis à 11h00
Taï Chi Chuan et Qi Gong les samedis à 10h30
Pour toutes les manifestations et activités du musée : réservation obligatoire au 04 92 29 37 00

Audio guides (français, anglais, allemand, italien ).
Accès aux personnes handicapées : rampe d’accès, ascenseur, chaise roulante disponible, toilettes aménagées
Accès par l’autoroute A8 : sortie 50 Promenade des Anglais, puis face à l’aéroport, tourner à gauche direction Arénas.
Accès depuis Nice centre : Promenade des Anglais, puis face à l’aéroport prendre la contre-allée à la hauteur du Parc Phoenix, direction Arénas.
Bus : lignes 9, 10, 23.
Train : station Nice Saint-Augustin.
Aéroport : Nice-Côte d’Azur, puis navette gratuite entre l’aéroport et l’Arénas.