Le palais de Carnolès à Menton

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Le Palais de Carnolès est le musée des Beaux-Arts de Menton depuis 1977, il expose les tableaux de la collection Wakefield-Mori (du Moyen Âge à la Première École de Paris) et il est dépositaire des œuvres achetées ou offertes par les artistes lors des 13 Biennales de Menton (entre 1951 et 1980).
C'est un bâtiment classé monument historique, pour son architecture néo-classique due à H-G. Tersling. Il est ceint d'un jardin remarquable, conservatoire d'agrumes.

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Un  fort ancrage dans l'histoire du territoire
©  Canopé de Nice

Extérieur du palais de Carnolès, Menton

Le Palais de Carnolès est l'ancienne résidence d'été de la famille Grimaldi. En effet, depuis le Moyen Âge jusqu'en 1861 (à part un intermède français de quelques années pendant la Révolution française et le Premier Empire) Menton appartient à Monaco. Celle-ci concentre les activités administratives tandis qu'à Menton se développent l'agrumiculture et l'oléiculture dont les récoltes se prêtent à l'exportation par voie maritime.

Au XVIIIe siècle, le Prince de Monaco fait construire sa résidence d'été sur la plaine alors déserte de Carnolès. Il s'y rend en bateau puis il fait ouvrir une voie carrossable qui correspond au tracé actuel de la Basse corniche.

Lors du rattachement à la France, le palais est vendu à des particuliers. C'est la période où, sous l'impulsion d'un Anglais : le  Dr Benett, se développe le tourisme étranger d'élite venu chercher le microclimat mentonnais pendant l'hiver. Le Palais devient un Kursaal, lieu de loisirs pour ces aristocrates ou grands bourgeois. En 1896, il est acheté par un riche Américain le Dr E. Phelps Allis qui le modifie complètement.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour sortir du marasme économique et retrouver le prestige d'antan, deux maires successifs -P. Parenthou-Dormoy et F. Palméro- misent sur la culture : ils créent un  festival de musique mais aussi, dans la mouvance de la grande manifestation d'art contemporain de Venise, les Biennales (décalées pour ne pas faire concurrence à leur modèle italien). De 1951 à 1980, il y en a 13, chacune étant consacrée à un grand peintre : R. Dufy, G. Rouault, H. Matisse, G. Braque, P. Picasso, M. Chagall, S. Dali …

©  Canopé de Nice

Le jardin et la collection d’agrumes, palais de Carnolès, Menton

Les œuvres offertes par les artistes invités sont confiées au Musée des Beaux-Arts, installé au Palais de Carnolès (racheté par la Ville en 1961) qui ouvre en 1977. Menton se dote alors  d'une devise  qui la définit: «Artium civitas» (Cité des Arts).

Renouant avec la tradition d'agrumiculture de la région  et du Palais de Carnolès, le parc du musée, planté de  137 variétés d'agrumes, devient en 1997 Centre d'acclimatation et de recherche et reçoit le label de « Jardin remarquable » du Ministère de la Culture en 2005. En 1994, on inaugure le jardin des sculptures ; au milieu des arbres entourant le palais sont placées des sculptures datant la plupart du XXe siècle, invitant à un parcours arboricole et lapidaire. En 2011, la ville de Menton choisit d'y créer le Potager du Prince.

Une architecture néo-classique
©  Canopé de Nice

Extérieur du palais de Carnolès, Menton

La première construction commandée par le Prince Antoine Ier de Grimaldi s'inspire du classicisme du Trianon de Versailles, et comprend, en 1725, outre le logement principal, un grand nombre de dépendances ; elle est entourée d'un très grand jardin à vocation de potager et d'agrément.

En 1896, le nouvel acquéreur, le Dr E. P. Allis confie la restructuration  de ce qui reste du domaine -les appartements du prince-  à l'architecte danois H.G. Tersling qui a travaillé au Casino de Monaco avec Charles Garnier. Celui-ci double la surface du palais et crée la façade côté cour ;  il ajoute aussi deux corps latéraux  en saillie.
Il reste fidèle à la vocation palatiale du lieu en développant un bâtiment majestueux -quoique de petite dimension- caractérisé par un travail sur la symétrie et  une grande sobriété dans le choix des décors.

Description de l’extérieur et de l’intérieur du bâtiment
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Si l'on observe chacune des quatre façades, les mêmes motifs sont repris de façon harmonieuse et contribuent à l'unité du bâtiment mais l'architecte en joue différemment, créant ainsi une diversité subtile. Par exemple, les quatre façades  scandées par des fenêtres en baies en plein cintre et des fenêtres droites (différentes, côté jardin : entablement surmonté de fronton,  côté cour : imposte rectangulaire et nu) sont tantôt rythmées par des colonnes tantôt par des pilastres.

Le bâtiment que nous visitons date de cette époque.
À l'intérieur on appréciera par exemple le Salon de musique (écho de la première destination du lieu) décoré par le peintre danois O. Matthiesen en 1910. On peut voir une fresque aux motifs antiques (guirlandes, muses, instruments de musique) ainsi que de nombreux animaux mythiques au plafond. Ce lieu accueille encore de temps en temps des concerts.

Quand il s'est agi d'y faire le musée, les murs ont été tendus de tissu.

Les œuvres du Musée de Carnolès
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Il y a d'abord le fonds  de l'ancien musée mentonnais, constitué à la fin du XIXe siècle. Puis en 1958, la ville reçoit le legs de Wakefield-Mori.

C'est un esthète anglais installé à Monaco où il a contribué à créer le Musée des Beaux-Arts, dont il est devenu le conservateur. Il a réuni une collection composée d'une centaine de tableaux (67 œuvres antérieures au XVIIIe siècle dont une majorité de scènes religieuses et des œuvres de la première École de Paris)  offerts à Menton contre un espace muséal pour les exposer.
En 1963, le Général Bagulesco lègue sa collection d'art oriental (notamment des estampes). Puis au fil du temps les œuvres provenant des Biennales sont également confiées au Palais de Carnolès.

Les collections permanentes, au premier étage, offrent un parcours chronologique permettant d'appréhender l'histoire de la peinture.

  • La première salle présente les œuvres religieuses du Moyen Age à la Renaissance (dont un tableau de  B.Luini).
  • La deuxième salle expose des portraits des XVIIe  et XVIIIe siècles (dont une œuvre de Philippe de Champaigne).
  • La troisième se consacre à l'art du paysage (dont des toiles du peintre mentonnais E. L. Lessieux).
  • La quatrième salle est dédiée à l'art contemporain des Biennales (A. Gleizes, G. Sutherland...)
  • Le rez-de-chaussée  est réservé aux expositions temporaires de peinture ou de photographie.
Bibliographie, sitographie
  • Une demeure princière : le Palais Carnolès, J.G. Martial-Salm, annales monégasques n°12,1988
  • Palais Carnolès, brochure du musée, sous la direction de J. G. Martial-Salm,conservateur,
  • Hans-Georg Tersling, architecte de la Côte d'Azur, M. Steve, éditions Serre, 1997,
  • Dossier de presse préparé pour le vernissage de l'exposition : « Contrastes, Rétrospectives des
  • Biennales de Menton (1951-1980) », par Hugues de la Touche (conservateur), 2003,

Musée des Beaux-Arts du Palais Carnolès : http://www.menton.fr/Musee-des-Beaux-Arts

Jardin du Palais Carnolès : http://www.menton.fr/Jardin-du-Palais-Carnoles

Informations pratiques

Palais de Carnolès

3, avenue de la Madone, 06500 Menton

Tél. 33 (0)4 93 35 49 71

http://www.menton.fr/Musee-des-Beaux-Arts